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 Goldfish Theory :: Juliet

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MessageSujet: Goldfish Theory :: Juliet Mar 20 Nov 2012, 2:18 pm


Goldfish Theory





No one can feel as helpless as the owner of a sick goldfish ▬ Tourner en rond ; tourner en rond ; faire le tour du bocal ; se sentir prisonnier de son propre corps, de son propre esprit. Sentir les secondes qui s'égrènent invariablement, qui le manipulent - comme des esprits le tiraillant de toute part - et le forçant à avancer inlassablement aux quatre coins de cette pièce, lui apparaissant comme totalement étrangère. Sa tête comme une bombe, qui était sur le point d'imploser. Le temps ne signifiait plus rien pour lui, incapable d'accrocher le moindre souvenir, de noter la moindre date et d'y apposer un évènement quelconque. Pas plus tard que ce matin – ou bien il y a trois heures, ou peut-être dix – il s'était réveillé aux côtés d'une femme qu'il ne connaissait pas, dans une chambre qu'il connaissait encore moins. Étrange impression de ne pas savoir comment il était arrivé ici, tandis qu'il observait les lieux plongés dans la pénombre et qu'une voix d'homme avait retenti. Au début il avait pensé qu'il était dans le lit avec lui, puis il avait compris qu'il donnait les informations par l'intermédiaire du radio-réveil. Ses yeux s'étaient habitués à la pénombre et il avait pu explorer les lieux du regard. Le réveil avait l'air d'être un concentré de technologie, mais c'est sans trop de difficultés qu'il avait réussit à faire taire la voix d'homme. Puis une respiration s'était élevée dans les airs, juste à côté de lui. Ainsi donc il n'était pas seul. Se retournant, il avait pu distinguer une longue chevelure rousse et un bras posé négligemment sur le drap. Une femme donc. Son regard avait soudainement butté sur l'anneau en or entourant l'annulaire gauche de ce même bras. Et là, la panique l'avait gagné. Non seulement il se trouvait dans le même lit qu'une femme mariée, mais en plus de ça, ils avaient fait ça chez elle. Le mari n'allait certainement pas tarder à rappliquer pour lui coller la correction de sa vie. Dépité, il s'était allongé de nouveau, se frottant le visage avec force, puis il avait sentit quelque chose lui râper le visage, portant sa main devant ses yeux, il avait aperçu une alliance du même type que celle de la rouquine. Un soupir, un profond soupir de soulagement s'était échappé de sa bouche. D'autres questions s'étaient toutefois posées. Pourquoi n'arrivait-il pas à se rappeler du prénom de cette femme, de sa femme, où étaient-ils et de quel jour il s'agissait ? La rouquine en question s'était réveillée et lui avait expliqué pourquoi il ne pouvait pas se rappeler. Un accident, un stupide accident où il s'était fait renverser par une voiture, emportant au passage sa mémoire. Et le voilà quelques minutes, quelques heures plus tard, à tourner en rond dans le salon, après avoir fait la vaisselle et avoir étendu la lessive. La vie d'un fantôme, qu'il contemplait au travers des photos situées ça et là, incapable de se rappeler du moment de leurs captures. Tate se sentait comme un poisson rouge ayant fait le tour de son aquarium. Dans ce décor inconnu, tout l'oppressait. Il ne savait pas où se trouvait les choses, n'osait rien toucher hormis ce que lui avait indiqué la rousse du nom de Rebecca. Comme un étranger, en terrain miné. A force de tourner en rond, peut-être que la mémoire finirait par lui revenir et le pire deviendrait alors le meilleur. Si seulement. Encore un effort, solliciter son esprit, faire travailler sa mémoire. Avancer sans avancer, était-il obligé de faire chaque jour cette même traversée du désert, de poser inlassablement les mêmes questions à Rebecca ? A ce qu'il avait compris, oui. Quelque part il plaignait cette femme, qu'il n'arrivait pas à considérer autrement que comme une parfaite inconnue. Tout en se demandant s'il l'avait déjà aimée, comment ils avaient pu se rencontrer... il alla s'asseoir sur le canapé et contempla le mur en face de lui, l'oeil vide, ayant terminé son tour du bocal.


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MessageSujet: Re: Goldfish Theory :: Juliet Jeu 22 Nov 2012, 1:36 pm

Goldfish Theory
Des papiers. Un tas de papiers, éparpillés sur un bureau déjà bien encombré. Articles de presse rubrique faits divers, numéros de téléphone, adresses, Juliet avait passé tous les alentours au peigne fin dans le but de savoir. Par curiosité, en premier lieu. Défaut qu'elle avait probablement hérité de sa défunte mère. Mais aussi dans le but d'aider. Comprendre ce qui avait pu réellement se passer dans cette affaire étrange qu'était celle de Tate Lawford. Elle avait retrouvé quelques traces insignifiantes de l'ancienne vie qu'il avait pu mener, rien de bien grandiose. Quelques connaissances, une liste de certains établissements scolaires qu'il avait pu fréquenté, mais rien n'indiquant la raison quelconque de son accident. L'enquête qu'avait menée la police de Fairview avait été rapidement classée. Un chauffard trop alcoolisé, tel était son prétendu bourreau. Cependant Baxter cherchait encore un motif quelconque, ayant du mal à penser qu'il s'agissait simplement d'un accident. Pré-sentiment étrange qu'elle avait ressenti en retrouvant Tate sur le bord de la route, totalement perdu. Personnage peu commun auquel elle avait fini par s'attacher, en quelque sorte. Bien que ce lien soit à sens unique.

Rassemblant ses affaires dans une pochette qu'elle mit dans son sac, Juliet enfila ensuite une veste et se décida enfin à sortir de chez elle. Retourner à la réalité après de nombreux jours passés à la fuir. Pour aller voir Tate. Mais aussi pour penser à autre chose. Oublier ce qu'elle vivait chaque jour chez elle et s'occuper de quelqu'un d'autre ayant des problèmes bien plus importants. Amnésie. Chose qu'elle n'avait jamais connue. Mais qu'elle enviait, de temps à autres, souhaitant simplement pouvoir se réveiller d'un long cauchemar un peu trop réel à son goût le sourire aux lèvres. Et avancer. Même si au fond elle savait bien qu'il s'agissait de bien plus que ça. Tout oublier. Le moindre coin de sa vie, vie que l'on pensait pourtant connaître par coeur au petit matin. Et la voir s'échapper, nous filer entre les doigts lorsque la lune pointant le bout de son nez, tout en plongeant son esprit dans les méandres de rêves. De quoi pouvait il bien rêver d'ailleurs ? De sa femme ? De son ancienne vie, peut-être ? Ou du néant. Rien d'autre que le néant. Image noire, figée, immobile. Image de sa vie. Celle qui menait à présent. Rien ne devait avancer pour lui. Comment pourrait-il après tout ? Tout stagnait, restait semblable au jour précédent sans qu'il ne puisse cependant s'en souvenir. Perpétuel recommencement que devait être la vie de Tate. Un cauchemar éveillé. Et ce sentiment grandissant qui devait souvent prendre le dessus sur lui. Cette sensation d'inutilité, mélangé à un brin de culpabilité ressentie en voyant ses prétendus proches souffrir d'un manque de souvenir flagrant et d'une indifférence involontaire.

Arrivant devant la demeure des Lawford, Juliet toqua sans grande conviction à la porte. Quelle serait sa réaction aujourd'hui ? Sans repère, les Hommes devenaient méfiants. Qui ne l'aurait pas été après tout ? Voir tous ces visages étrangers se présenter comme amis, connaissances, et pourtant ne pas se souvenir d'un seul de leur trait, ni même d'un prénom. Pas un brin d'instinct, ni une intuition. Un simple vide. Frustrant. Mais surtout effrayant. Un meurtrier pourrait se présenter à votre porte et prétendre être votre ami. Un escroc pourrait venir à votre rencontre et vous manipuler tel un vulgaire pantin. Une maîtresse pourrait se faire passer pour votre femme.
△everleigh
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MessageSujet: Re: Goldfish Theory :: Juliet Sam 24 Nov 2012, 12:30 pm


Goldfish Theory





No one can feel as helpless as the owner of a sick goldfish ▬ Des heures bien sombres qu'il vivait là, à tourner en rond, à faire les cents pas, à arrêter son regard ci et là, sur ces photos, ces bibelots témoignant d'un voyage à l'autre bout du monde. Il avait beau faire, il ne se souvenait pas le moins du monde de l'instant où telle photo avait été prise, à quel endroit cet objet avait pu être acheté. Tant bien que mal, Tate avait essayé de visualiser la scène, celle qui avait dû se passer sur cette plage, comme le prouvait la photo qui se trouvait juste sous ses yeux. Lui et cette femme rousse, en train de rire, marchant bras dessus bras dessous, et foulant le sable de leurs pieds nus. Il n'y était pas parvenu, ressentant alors le poignard douloureux de la tristesse. Tous les couples doivent aimer se rappeler ce genre de réminiscences, ou bien l'histoire de leur rencontre, mais lui n'avait aucun souvenir de tout ça. Son esprit lui semblait si vide ; vide de tout sens, tout comme le temps. Les secondes, les minutes s'égrenaient, sans que cela signifie quoique ce soit pour Tate. Aucun sens. Depuis combien de temps exactement était-il assis ici, sur ce canapé, à contempler le mur du fond du salon ? Une ligne continue, qui s'étire à l'infini, marquant ses heures, sans que ces dernières ne s'inscrivent vraiment sur lui, comme une encre qui ne voudrait pas pénétrer sous la peau, tatouage invisible. Tout ce qu'il souhaitait en cet instant aussi sombre que le fond de ses pensées, c'était se sentir normal. Juste normal ; pouvoir vivre comme tout le monde, avec des expériences forgeant le caractère, chaque nouveau jour se levant dessinant le suivant, lui donnant une toute nouvelle forme. Apprendre des choses, accumuler du savoir, tout ça lui était impossible, comme le lui avait expliqué Rebecca avant de filer à son travail, en le laissant en proie à ses angoisses et ce vide intersidéral. A quoi pouvait-il servir, si ce n'est de faire office de décor dans cette jolie maison ? Aucune réponse ne lui apparue, aucune hormis : rien !

Une fois de plus, il ferma les yeux en essayant de se concentrer et de forcer la barrière inaccessible menant à ses souvenirs. Visualiser quelque chose, tout, n'importe quoi, ne devrait pas être si compliqué que cela. Thanksgiving, un anniversaire, le jour de leur mariage, quelque chose, peu importe ; quelque chose qui lui prouve qu'il n'était pas juste une sorte de programme, ou bien un résidu de sa propre mémoire, condamné à revivre en boucle et inlassablement la même scène pour trouver une réponse. Une réponse à quoi au juste ? A cette absence de détails triviaux, auxquels sont normalement raccrochés toute une vie ? Sans doute. Un coup porté à la porte d'entrée vint rompre brusquement le fil de ses pensées scabreuses. Qui cela pouvait-il bien être ? Rebecca ne lui avait pas dit que quelqu'un devait passer. Se pouvait-il que même cela il l'ait oublié ? Le blond retourna voir le tableau Veleda, où toutes les choses importants étaient notées noir sur blanc. Non, rien n'était inscrit à propos d'une quelconque visite. La clef se trouvait sur la porte d'entrée, c'est donc sans difficulté qu'il pût ouvrir cette dernière, pour se retrouver nez à nez avec une jeune femme, qui ne lui disait strictement rien. Étonnant non ? La connaissait-il ? Se pouvait-il qu'il l'ait déjà croisée avant son accident, ou que ce soit une très bonne amie du couple ? Ne sachant trop comment se comporter, et afin de composer avec la susceptibilité de cette jeune femme, le natif de Fairview se contenta d'un « Bonjour ! », combiné à un grand sourire, ou du moins ce qui était censé y ressembler.


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MessageSujet: Re: Goldfish Theory :: Juliet Dim 25 Nov 2012, 5:31 pm

Goldfish Theory
Des souvenirs. Un amas de souvenirs qui s'entremêlaient, s'entrechoquaient tels de vulgaires chemins destinés à se croiser. Certains les attrapaient, les remodelaient, transformaient volontairement la réalité en s'en imaginant une toute autre bien plus utopique. D'autres tentaient d'oublier. Effacer des images trop violentes d'une mémoire bien trop cruelle pour eux. Les souvenirs sont une vie. Une histoire entière. Une preuve de notre existence. Un rappel de la personne que nous sommes, et de qui nous avons été. La connaissance, le savoir, l'amour, l'amitié. Tout passe par les souvenirs. Tout y demeure intact. Tout vit dans nos souvenirs. Les souvenirs sont la vie. Et quand ils se font rares, la vie manque, les mots manquent. Les gens sans mémoire sont des gens sans histoire. Les gens sans histoires sont des fantômes errants, en quête perpétuelle d'un point d'attache, un repère, un point d'ancrage. Les fantômes n'existent pas aux yeux du monde, et ne peuvent donc avoir aucun repère humain, aucune relation durable. Les gens sans mémoires sont des personnes seules, destinées à demeurer seules, seules avec le néant. Abîmes profondes que pouvait être une mémoire sans souvenirs, et dans lesquelles l'Homme pouvait se perdre facilement. Se perdre en lui-même, sombrer dans une folie causée par un manque de tout. Un manque de rien.

Un sourire. Un seul sourire qu'elle offrit à Tate, ravie de tomber sur lui et non sur sa femme. Juliet pouvait le deviner à sa mine intriguée, il ne l'avait pas reconnu. Son état ne s'était donc pas amélioré, constat navrant que ne put nier Baxter en voyant Lawford dans l'encadrement de la porte de sa propre maison, semblant cependant bien plus désorienté qu'elle. « Salut Tate. Je suis Juliet, l'infirmière qui t'as retrouvé le soir de ton accident... Je ne sais pas si tu te souviens de moi mais j'en doute. Je passe te voir régulièrement depuis. Aucune raison médicale en fait, je m'assure juste que tu te portes bien parce que je t'apprécie. Tu peux me faire confiance tu sais. » Un nouveau sourire qu'elle ne put s'empêcher de réprimer. Rassurer, toujours. Bien que ses mots furent débités à un rythme assez impressionnant. Laissant le temps à son ami d'assimiler toutes les informations, elle le regarda ainsi durant quelques secondes, ce sourire toujours sincère au bout des lèvres. Sans savoir vraiment pourquoi Lawford l'avait touché. Dans son histoire, peut être. Dans sa manière d'être aussi. Et d'une certaine manière elle le considérait aujourd'hui comme son ami même si ce lien n'était pas partagé par ce dernier. C'est d'ailleurs ce pourquoi elle s'évertuait à connaître la vérité. Elle tenait à lui malgré tout, sachant pertinemment qu'une partie de sa vie demeurait secrète. Un bout du puzzle compliqué qu'était Tate Lawford manquait indéniablement, et lui semblait ne pas être apte pour le moment à le retrouver. Alors Juliet cherchait, assemblait certaines informations utiles ou non dans le but de répondre à une question demeurant sans réponse. Qui était-il ? Seul lui inconsciemment possédait le secret de son existence, bien qu'il ne fut pas en capacité de le révéler à qui que ce soit comme à lui-même. Frustration que devait être le sentiment de se sentir vivant sans pour autant savoir qui nous étions.

Le regard toujours posé sur Tate, Juliet ajouta sur un ton faussement innocent. « Rebecca est là ? Je ne voudrais pas déranger tu sais. » Question en apparence anodine que venait de poser la jeune Baxter non sans réflexion. Rebecca ne l'aimait pas, réciproquement. Et semblait voir d'un mauvais œil les recherches qu'elle pouvait bien effectuer, rendant alors son personnage encore plus troublant qu'il ne pouvait déjà l'être.
△everleigh
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MessageSujet: Re: Goldfish Theory :: Juliet Sam 01 Déc 2012, 2:20 pm


Goldfish Theory





No one can feel as helpless as the owner of a sick goldfish ▬ Se rappeler de cette jeune femme, de ce visage jovial, de sa bonne étoile, pourquoi était-ce si difficile ? Pourquoi n'arrivait-il pas à accéder à ce genre de souvenirs ? Être retrouvé peu de temps après son accident, un événement plutôt marquant, qui aurait dû lui laisser quelques stigmates, mais non, rien de tout ça. Nulle trace nul part, à la surface de sa mémoire, de l'existence de cette fameuse Juliet. Dans un désir de concentration intense, Tate fronça légèrement les sourcils. Toujours aussi intrigué, le blond écouta d'une oreille attentive ce qu'avait à dire son interlocutrice. La raison de sa venue le laissa tout d'abord sans voix, un peu plus en proie encore à ses interrogations – Qui était-elle ? Depuis combien de temps passait-elle pour prendre ses nouvelles ? Elle disait l'apprécier, mais pourquoi au juste ? Et pourquoi se souciait-elle de lui ? - puis il remua les lèvres, comme s'il allait enfin sortir de sa torpeur, pour prendre la parole à son tour. Mais il n'en fit rien, il en vint seulement à se dire que cela devait souvent être ainsi. Il n'était plus que le triste spectateur de sa vie ; un spectateur un peu particulier, assis devant un film d'auteur incompréhensible, sans le moindre grain de pop corn à se mettre sous la dent. Tate se demandait durant combien de temps encore il devrait rester – comme en ce moment même - un voyeur dans sa propre vie ?

Combien de personnes telles que Juliet était-il amené à rencontrer et à contempler de la sorte, en ne sachant que dire et encore moins que faire ? Combien de personnes importantes avait-il pu oublier ? Assez de questions, il devait prendre les choses en main, ou du moins essayer. Cela commencerait dès maintenant, en adressant un sourire – mi-figue mi-raisin – à celle qui se tenait toujours face à lui. Un sourire, pas grand chose, mais un bon début. A aucun moment, il ne posa la question, de savoir si oui on non cette inconnue était sincère. Pourquoi ne le serait-elle pas après tout ? Pourquoi voudrait-on le duper ? Cela n'aurait aucun sens. Aucun, vraiment ! Qui voudrait faire une chose pareille ? Qui cela pourrait intéresser ? Dans quel but voudrait-on se rire de lui ?... S'il savait. Toujours dans l'embrasure de la porte - dans la même position depuis qu'il avait ouvert - Tate considéra la question de Juliet avant de se risquer à répondre. « Non, elle n'est pas là. Elle serait sûrement contente que je reçoive de la visite... vous... euh, tu veux entrer peut-être ? » Sortir de cette léthargie maintenant. Comment était-il censé se comporter ? Tate aurait aimé que la brunette le lui explique, mais elle n'en fit rien, alors tout naturellement, il libéra le passage pour l'inviter à entrer dans cette demeure qu'il n'arrivait pas à considérer comme lui appartenant, comme tout ce qui se trouvait à l'intérieur. En fait il avait cette étrange impression de ne pas appartenir non plus à son corps ou bien à sa propre vie. Un étranger dans une enveloppe corporelle qui était censée être la sienne, il ne pouvait se qualifier autrement. Où se trouvait donc l'ancien Tate ? Etait-il possible que cette fameuse Juliet détienne des réponses ? La curiosité piquée au vif, il se lança : « Est-ce que l'on se connaissait avant mon... accident ? Que... que s'est-il passé d'ailleurs ? Comment est-ce que tu m'as trouvé ? C... » Conscient qu'il s'emballait soudainement, il s'interrompit brusquement, afin de laisser le temps à Juliet d'ingérer ses questions.




Dernière édition par Tate D. Lawford le Mer 05 Déc 2012, 3:58 pm, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Goldfish Theory :: Juliet Mer 05 Déc 2012, 3:51 pm

Goldfish Theory
Un sourire amusé. Un de ceux qu'on adressait par compassion, un de ceux qui semblait rassurer son interlocuteur et le mettre en confiance. Tâche ô combien difficile lorsque ce dernier était amnésique. C'est pourquoi Juliet s'efforçait d'être elle même ; pas un mensonge, retirer ce masque pesant qu'elle avait pourtant l'habitude de porter chaque jour. Rien d'autre qu'un corps empli de vérité et de sincérité, termes qui dernièrement n'étaient que très peu utilisés dans son vocabulaire. Devenir quelqu'un, elle-même. Et c'est grâce à cela, grâce à ce sourire qu'elle tentait d'y parvenir. Se montrer telle qu'elle était réellement, offrir une confiance aveugle afin d'en recevoir une semblable en retour. Tate n'aurait pas le choix, elle le savait bien. Lui se devait de la croire. Simplement parce qu'elle aurait assez de preuves pour lui montrer qu'elle ne mentait pas, mais aussi parce qu'il semblait bien trop perdu pour se murer dans une crainte. Lawford avait besoin de quelqu'un à ses côtés, quelqu'un de droit, loyal, et qui ne tenterait pas de profiter d'une naïveté qu'il ne pouvait éviter. Et d'une certaine manière, Baxter s'était proposée volontairement pour ce poste. Une amie. Une vraie amie. Chose probablement rare pour l'amnésique, la plupart de son entourage tentant sûrement même inconsciemment de profiter de sa triste situation.

Le regard toujours posé sur Tate, observant alors chacun de ses réactions successives qu'elle commençait par connaître par cœur. Recommencement perpétuel de mouvements qu'il effectuait presque machinalement sans vraiment y faire attention ; disque rayé que pouvait être sa vie : un son strident, répétitif, agaçant, énervant. Une vie rayée. Striée, barrée, lignes droites, sombres et toutes tracées derrière lesquelles il se cachait, était enfermé. Cage qu'il ne devait qu'à lui-même, barrière que pouvait représenter celle de sa mémoire qui elle montrait chaque matin sa faiblesse. Ses limites n'étaient pas grandes. Pas assez. Et son ancien patient lui, devait souvent rêver d'autres horizons sans vraiment s'en rendre compte. Ainsi un geste banal devenait challenge d'une journée, un millième de seconde d'un souvenir retrouvé devenait un miracle, et un semblant de bonheur devenait utopique. Un homme n'ayant aucun souvenir des peines qu'il avait pu endurer ne pouvait apprécier pleinement les moments de plaisir car il n'en connaissait plus la valeur. Vie maussade à laquelle il paraissait alors être voué. Ciel gris, jamais noir, jamais blanc. Au milieu. Juste au milieu.

Un nouveau sourire se dessina sur le visage angélique de la brunette, réponse à celui que Lawford venait de lui offrir. Petite victoire que représentait ce semblant de sensation, d'émotion partagé à travers cette réaction physique. Ainsi Tate lui faisait confiance, ou tout du moins tentait d'y parvenir. Toujours confus, il laissa alors Baxter pénétrer dans ce bâtiment qui lui était injustement étranger. Se perdre dans un lieu qui en apparence nous appartenait mais sur lequel ses yeux se plongeaient, imbibés d'un trouble auquel la jeune infirmière avait fini par s'habituer. Elle laissa donc son regard traîner sur les murs, les meubles, qu'elle connaissait visiblement bien plus que le propriétaire des lieux. Une maison entretenue, rangée, à l'image de ses habitants mais surtout de Rebecca qui elle devait tirer les ficelles du pantin que pouvait représenter Tate. Lui ne devait probablement pas avoir d'avis, d'envie ou de souhait. Et se contentait de laisser sa vie entre les mains de la femme avec laquelle il le partageait, mains tâchées de sang sans que personne ne le sache.

Posant de nouveau ses yeux clairs sur l'homme qui lui faisait face, son visage toujours habillé d'un sourire franc, elle tenta de le rassurer suite à ses mots en lui répondant d'une voix calme. « Hé, calme toi Tate. Je te dirai tout ce que tu veux - enfin ce que je sais tout du moins. On se ne se connaissait pas avant l'accident, non. Tu t'es fait renversé par une voiture apparemment, et je t'ai retrouvé devant l'hôpital, la figure ensanglantée... C'était pas beau à voir d'ailleurs... là, elle grimaça légèrement puis reprit sur un ton toujours rassurant. Comme je te l'ai dit, depuis je prends de tes nouvelles. Je suis passée la semaine dernière, d'ailleurs. » Un sourire infantile, encore. Et un regard pétillant. Candeur qui avait toujours été propre à la jeune fille qui parfois semblait ne jamais avoir grandi, rattrapait cette enfance qu'on lui avait volé. Et offrait, donner tout ce qui était en possession afin d'aider. Relever les plus malheureux, aimer parfois à sens unique, et se battre pour les personnes qu'elle pensait sincères.
△everleigh


Dernière édition par Juliet L. Baxter le Jeu 13 Déc 2012, 11:22 am, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Goldfish Theory :: Juliet Sam 08 Déc 2012, 9:53 am


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No one can feel as helpless as the owner of a sick goldfish ▬ Enfermé dans cette cage, dans cette prison faite de chair, de sang et d'os, le blond ne pouvait que constater l'étendu de ce vide abyssal dans lequel il devait évoluer chaque jour, offrant une piètre image de sa personne à quiconque pouvait encore le côtoyer. Une enveloppe vide, plus vraiment vivant, pas encore tout à fait mort ; il pouvait apercevoir la barrière aussi fine que du papier à cigarettes de ses propres limites, cet espèce de flou gaussien qui le séparait de ce qu'il avait sans doute été durant des années. A présent il y avait deux lui, l'homme d'une trentaine d'années confortablement installé dans sa vie, bien sous tout rapport et puis il y avait ce jeune homme, celui qui s'insurgeait et passait son temps à hurler et se révolter, se révolter contre lui-même. En posant tour à tour les yeux sur Juliet puis sur le décor qui l'entourait, il se disait pourtant que les réponses qu'il attendait avec tant de ferveur n'étaient pourtant pas bien loin. Impassible jusque là, après avoir refermé la porte derrière la jeune femme, son visage se décomposa littéralement – effaçant presque instantanément le sourire qu'il avait arboré durant quelques secondes - étiré dans une espèce de grimace inqualifiable. Elle était passée la semaine dernière et il n'en avait pas le moindre souvenir. Tous ses espoirs s’effritèrent d'un seul tenant, dégringolade rapide, soudaine, comme une bâtisse emportée en un clignement de paupière par la tempête. Dégâts considérables. Ainsi donc c'était plus grave qu'il n'en paraissait. Sa mémoire était fracturée en deux, ou bien peut-être en une multitude d'instants impossibles à emboîter les uns dans les autres.

Un soupir, une détresse notable, tandis qu'il prenait place sur l'un des fauteuils en cuir du salon. L'homme trentenaire regardait l'autre partie s'agiter, courir en tous sens et qui tentait tant bien que mal d'échapper à l'emprise de ce gouffre qui aspirait tout sur son passage. Un nouveau regard, presque implorant. Si seulement Juliet était capable d'abréger son calvaire, si seulement. Des trémolos dans la voix, Tate s'adressa une fois de plus à elle. « Tu es passée la semaine dernière, et je ne m'en souviens absolument pas... c'est... horrible, je dois te faire répéter les mêmes choses sans arrêt ! Je me sens... tellement... mal, à cette idée, ce doit être énervant au possible ! Je suis désolé !» Pour lui c'était un éternellement recommencement, comme une première rencontre qui se ferait à jamais, comme si quelqu'un rembobinait à chaque fois la bobine pour revenir au point de départ, le tout accompagné d'une musique décalée, comme pour souligner le grossier de la situation. « Si on ne se connaissait pas avant... pourquoi est-ce que tu te soucies de moi ? » Ce détail, sans doute insignifiant, l'avait frappé presque instantanément. Pourquoi une étrangère voudrait s'intéresser à son cas ? Parce qu'elle avait le cœur sur la main ou bien pour une toute autre raison lui échappant totalement ? Devant ce visage angélique qui s'offrait à lui, la première solution resta la plus probable. Renversé par une voiture, la version de la blondinette correspondait à ce que lui avait dit Rebecca ce matin même. Curieux d'en apprendre plus sur ce fameux accident, il demanda : « Qu'est-ce qu'il s'est passé après que tu m’aies retrouvé devant l'hôpital ? Je me suis fait renverser et j'étais tout seul ? Pourquoi j'étais tout seul ? » Les paroles de Rebecca lui revinrent alors étrangement en mémoire, elle était partie appeler les secours et le temps qu'elle revienne il n'était plus là. Comment était-il possible qu'il ait parcouru seul et blessé la distance entre le point de l'accident et l'établissement de santé ? Plutôt étrange. « Est-ce qu'on sait où a eu lieu l'accident ? » Fil décousu qu'il tentait de repriser, les questions s'échappaient de sa bouche dans un ordre complètement inversé, témoignant ainsi du trouble qui l'habitait.


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MessageSujet: Re: Goldfish Theory :: Juliet Lun 17 Déc 2012, 1:18 pm

Goldfish Theory
Le regard toujours posé sur lui, un sourire enfantin au bout des lèvres. Teinté d'amusement, de compassion, aussi. Et d'ignorance. Tant de questions devaient se bousculer dans l'esprit de Tate, tant d'hypothèses se mêlant les unes aux autres. Chemins sans directions qui mèneraient soi à se perte, soi à son bonheur. Celui qui lui avait échappé. Lui filait entre les doigts, chaque matin. Les souvenirs s'en allaient, le bonheur s'en allait. Se réveiller dans un lit inconnu, un corps inconnu, un esprit inconnu. Et redécouvrir, sans cesse, toujours. Tel un enfant. La soif d'apprendre, questionnement perpétuel qui se répétait à chaque soleil levant. Lawford aussi était un enfant. Bien trop ignorant. Bien trop curieux. Pourtant ces réponses, celles qu'il cherchait inlassablement se trouvait en lui. Incrustées, marquées au fer rouge dans une partie de son esprit qui semblait ne plus répondre. Son propre bourreau. Son propre sauveur. Bien que Juliet tentait encore aujourd'hui tant bien que mal de lui venir en aide, cette réalité était indéniable. Il retrouverait la mémoire, un jour. Mais certainement pas grâce à elle. Cette partie inactive, se réveillerait, un jour. Et le sortirait de la pénombre, il éclairerait son propre chemin, inconsciemment. D'une lumière au nom si cruel en cet instant de mémoire. Et résoudrait le mystère d'une vie. Le mystère de sa propre vie.

Ses deux yeux bleus posés sur lui, Baxter laissa volontairement ce léger sourire intact sur son visage avant de s'approcher un peu plus de Tate. Toujours troublé. Toujours perdu dans son propre monde. Celui qu'il semblait avoir construit, un jour. Qui pourtant lui paraissait si lointain. Et c'est accompagné de son regard rassurant, presque maternel qu'elle lui adressa d'une voix douce après avoir vu son visage prendre une toute autre expression. « Je suis pas restée longtemps tu sais. Et puis, je suis qu'un détail. C'est pas vraiment important. T'en fais pas... » Puis, observant Lawford prendre place dans un des fauteuil, elle le suivit timidement et se posta face à lui. Un homme brisé. Voilà tout ce qu'elle parvenait à voir, en lui. Perdu dans un monde trop grand pour lui. Et lassé, agacé, oui, de sa condition. Ainsi tentait-elle de le réparer lui, en premier lieu, avant de recoller les morceaux d'une vie disloquée. Panser ses blessures, essayer tout du moins d'y parvenir. Et espérer, sans cesse, espérer. Qu'un jour peut-être son regard s'illuminerait d'une nouvelle flamme. Celle du savoir. Celle qu'il voulait, plus que tout. Et qu'il parviendrait à faire renaître. Juliet en avait la certitude.

Un nouveau sourire mi-amusé, mi-rassurant. Et des mots qui sortirent spontanément. « Je ne reviendrai pas si cela m'agaçait, crois-moi. T'excuses pas, tu n'es pas fautif. Enfin pas volontairement du moins. J'estime que ce n'est pas une perte de temps. » Alors, elle vint s'asseoir sur un fauteuil voisin, ses deux prunelles toujours posées sur lui. Passer sa vie à s'en vouloir, ressentir une culpabilité qui n'avait pas lieu d'être. Et se haïr, finalement. N'avoir que très peu d'estime pour sa propre personne. Tels étaient les quelques points qu'elle pouvait déduire des simples mots de Lawford. Il n'avait plus aucune confiance en lui ; ne pouvait plus en avoir. Victime de son propre corps, corps qui lui laissait alors en seul restes des sentiments sur lesquels s'appuyer. Sans certitudes, ni point d'ancrage. Des intuitions, juste cela. Et suite aux mots qu'il ajouta, Juliet devina que même celles-ci lui avait été retirées. Quelque peu décontenancée par sa question, elle se reprit cependant très rapidement, son sourire ayant disparu. « Je ne sais pas vraiment, en fait. Je crois que d'une certaine façon je me suis attachée à toi. Et puis, j'ai un besoin presque maladif d'aider les gens que j'apprécie. Enfin, apprécier est un grand mot. Je marche plutôt à l'intuition. J'en ai eu une bonne, sur toi. Et je ne me suis pas trompée visiblement. » Un nouveau sourire, insouciant se dessina sur ses lèvres. Se livrer aveuglément une fois de plus. Non pas parce qu'elle savait bien qu'il ne s'en souviendrait plus le lendemain. Mais parce qu'elle lui faisait confiance, en grande partie. Croyait en cet homme dont elle ne connaissait que la façade. Peut-être naïvement. Pourtant elle ne pouvait s'empêcher de penser que Lawford était quelqu'un de bien. Sentiment de confiance qu'il lui avait d'une certaine manière offert involontairement. Elle suivait ces sensations. Elle le suivait. Bien qu'en réalité il s'agisse plutôt de l'inverse.

Nouveau flot de questions, incertitudes qui ne devaient qu'amplifier cette crainte qu'il avait envers le monde extérieur. La peur envahissait la pièce, accompagnée des doutes qui eux suivaient Tate derrière chacun de ses pas, s'immisçaient entre chacun de ses mots et s'évanouissaient le soir venu. Encore un sourire, toujours un sourire. Triste cette fois ci, et éphémère. Et c'est en s'excusant presque de son ignorance qu'elle tenta de lui répondre. « Un chirurgien t'as pris en charge. Ils t'ont examinés, ont fait le maximum. Le lendemain ou quelques jours après, - je ne souviens plus vraiment - Rebecca est arrivée. Une enquête a débuté mais n'a jamais été vraiment résolue. Un banal accident, apparemment. Oui, tu étais tout seul apparemment. Je sais pas vraiment, je crois qu'ils ont jamais rien trouvé, et puis... T'es le seul à savoir ça, je pense. Même si pour le moment tu n'en as aucune idée. » Vérité probablement blessante qu'il devait cependant entendre. Lawford détenait la clef de cette nuit où sa vie avait changé, qu'il le veuille ou non. Qu'il le sache ou non. Et Juliet, fut un instant mal à l'aise suite à ses mots qu'elle savait destructeur. Baisser encore dans sa propre estime. Peut-être allait il réagir ainsi. Peut-être essaierait une fois de plus de se convaincre. Aller au combat, combat contre lui-même. Le regard perdu dans le vide, la tête baissée, Baxter répondit une nouvelle fois à Tate, pensant ses mots cette fois ci. « Eux le savent peut-être, moi non. J'ai pas eu accès à l'enquête. Enfin, tu dois t'en douter, de ça... » Ne pas le blesser, surtout pas. Même si Juliet voulait savoir la vérité, afin de l'aider, elle ne souhaitait pas le brusquer. Le laisser avancer seul. Cette victoire serait la sienne. Quoi qu'il arrive.
△everleigh
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MessageSujet: Re: Goldfish Theory :: Juliet Lun 31 Déc 2012, 3:00 pm


Goldfish Theory





No one can feel as helpless as the owner of a sick goldfish ▬
Un sentiment non partagé. Un sourire à présent éteint, comme l’espoir, qui semblait l’avoir quitté depuis un temps indéfini, puisque pour lui plus rien n’avait d’importance, plus rien n’avait vraiment de sens ; plus rien même le temps qui s’écoulait inexorablement dans ce grand sablier vide. Véritable paradoxe. Un gouffre, un puits sans fond. Aspiré par les méandres de son propre esprit, qui semblait affamé de ses souvenirs, qui en demandait toujours plus. Impossible de remplir cet estomac qui n'arrivait pas à se repaître chaque jour correctement, réclamant encore et encore son dû, sans pour autant lui laisser les restes ou bien en recracher au moins un morceau, carcasse qui aurait pu le mettre sur la voie. Le chemin de sa propre identité, de sa propre histoire. Sentier battu sur lequel il s'était perdu et ne se retrouverait certainement jamais. Le désœuvrement le plus complet l'habitait en cette minute, tandis qu'il cherchait désespérément de l'aide au fond du regard de sa soit disant amie. Mais ce n'était certainement pas de sa part que viendrait son salut. Si tout n'était que détail, alors à quoi bon tenter de se remémorer la moindre petite chose ? Tate était horrifié par la situation, tandis que Juliet semblait prendre cela avec une toute autre philosophie. Peut-être devrait-il faire comme elle et se dire que rien n'est vraiment important dans cette vie. Après tout, pourquoi ne pourrait-il pas être heureux ainsi, en vivant chaque nouveau levé de soleil de la façon la plus simple qu'il soit ? Le bonheur, un concept monté de toute pièce sans doute. « Ça m'embête quand même de ne pas me rappeler... » C'était encore trop faible. Oui, cela l'embêtait au plus haut point de ne pas pouvoir faire renaître les cendres de sa mémoire. Quelle eau sacré avait éteint l'incendie des souvenirs, de ce qui le constituait jusqu'à la plus infirme partie ? Quoiqu'il en soit, il en revenait toujours au même point, comme s'il s'évertuait malgré lui à courir en cercle. Il avait beau se raisonner et se dire que tout ça n'était pas bien grave, il finissait indéniablement par en revenir à cette angoisse qui lui grignotait peu à peu les entrailles.

La suite de la conversation le laissa sans voix durant plusieurs minutes. Ainsi, il devait rester des bonnes âmes en ce bas monde. La preuve avec cette jeune femme, qui veillait sur lui même si elle venait de lui assurer qu'elle ne représentait rien pour lui. Que répondre à de tels propos ? Même s'il ne pouvait pas se rappeler des nombreuses visite de sa bonne fée, Tate se sentit touché. « Je dois peut-être souvent te remercier, mais peu importe ! Merci de faire attention à moi comme tu le fais. Ça me touche profondément ! Je me sens un peu moins « bête curieuse » » Sa mine déconfite s'envola à nouveau devant le sourire communicatif de la blondinette. Sans broncher, toujours assis dans le fauteuil qu'il n'avait pas l'impression de posséder, comme tout ce qui pouvait se trouver entre les murs de cette maison, le trentenaire écouta avec la plus grande des attentions l'histoire que lui délivra Juliet. Une partie de son histoire, qu'il aurait probablement oubliée dès qu'il se lèverait le lendemain matin. Il attendait tellement de cette réponse, qu'il parut déçu sur le coup. « Mhh... d'accord ! Je suis le seul à le savoir, mais pour une raison qui m'échappe, je n'arrive pas à accéder à ses souvenirs. C'est vraiment frustrant ! Je me demande bien ce que j'ai pu faire pour mériter ça ! » Il se renfrogna et se ferma presque au dialogue, tout en rivant son regard à même le sol. Quelle chienne de vie. Malgré ce que Juliet pouvait penser, non il ne se doutait pas le moins du monde qu'elle ne possédait pas tous les détails relatifs à l'enquête qui avait pu être menée à son sujet. Il tenta tant bien que mal de faire déguerpir ce sentiment de déception, après tout elle n'y était pour rien, elle voulait l'aider, ce n'était certainement pas le moment de se la mettre à dos. « Si tu veux boire ou manger quelque chose, je te laisses te servir, tu dois sûrement mieux connaître cette maison que moi ! », ajouta-t-il enfin après quelques secondes de silence. « Tu connais bien Rebecca ? Tu veux attendre qu'elle rentre ? », demanda-t-il à tout hasard, sans se douter le moins du monde de ce que pouvait penser son interlocutrice à propos de son épouse.





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