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 “Sharing is loving.” # Juliet & Trystan

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WELCOME TO AZALEA VALLEY
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MessageSujet: “Sharing is loving.” # Juliet & Trystan Lun 19 Nov 2012, 9:50 pm





« Sharing is loving. »

«The first and worst of all frauds is to cheat one's self. All sin is easy after that. »

Des massacres, un champ de bataille, des souvenirs, des corps calcinés et un homme, un misérable être au milieu des flammes sans autre espoir que celui de voir sa chair brûlée vive aussi rapidement que possible mais la sentence ne venait jamais. Non, l'homme restait planté là, coincé entre les flammes à regarder le reste du monde se consumer, impuissant. Chaque cauchemar rapprochait Trystan du précipice, de ce gouffre abyssal qu'était la souffrance et la vie en général. Le militaire émergea en fin d'après midi, pas certain de ce qui l'avait poussé à s'endormir au milieu de son salon à cette heure ci. Il réussit à atteindre son portable sur la table basse puis regarda les nouveautés. Un message de Iad. Fait rare, surtout depuis que celui-ci perdait encore plus les pédales que lui. Les limites, les anciens militaires du front ne les connaissaient plus et on ne peut pas dire que Iad avait eu une vie toute rose. Le message indiquait que Trystan devait passer soi disant pour fêter leur survie, tout en précisant à la fin qu'il avait certainement tout fait foirer encore. Mayfield ne savait pas vraiment de quoi il parlait mais un petit moment avec son ancien camarade lui ferait certainement du bien après cette sieste malvenue.

Evann se prépara rapidement, attrapa un pack de bières et une bouteille de vin et se dirigea vers chez son ami. Il ne savait pas vraiment à quoi s'attendre. Leur relation était forcément un peu étrange: on vivait les choses différemment et avec plus d'intensité à l'armée et ils avaient toujours conservé ce lien fraternel pour le moins inattendu. Au bout de quelques secondes, il entendit des pas derrière la porte et ce fut la fiancée de Iad qui vint lui ouvrir, avec un air résigné et assez dépité. Trystan connaissait déjà Juliet, l'ayant déjà vu à plusieurs occasions et il savait également que la relation qu'elle entretenait avec le militaire était parfois difficile, c'était le quotidien banal qui ne correspondait pas à ses hommes brisés. Mayfield tenta un sourire vers Juliet, un peu gêné de se ramener avec tout cet attirail alors qu'il était évident qu'un drame se tramait dans le coin.

Juliet! J'ai l'impression de déranger.. C'est juste que j'ai reçu un texto d'Iad qui m'implorait de passer alors me voilà. Mais j'ai l'impression que ça va pas alors je devrais certainement revenir une prochaine fois,non?


(c) Spinelsuns
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MessageSujet: Re: “Sharing is loving.” # Juliet & Trystan Mar 20 Nov 2012, 2:29 pm

Sharing is loving
Des cris. Trop de cris. Comme toujours. Et des larmes. Seul lot de réconfort. Seule marque d'un attachement qui lui persistait, se battait encore et toujours, envers et contre tout. Surtout contre Iad. Qui lui semblait dans un état second, perdu entre le peu de raison qui lui restait et cette haine envers elle qui semblait prendre un peu plus d'ampleur à chaque mot. Comme s'il avait un besoin irrépressible de l'anéantir aussi dans sa chute. L'attraper par la main, et la tirer, de toute la force dont il pouvait faire preuve dans des abîmes qu'il avait lui même creusées. Celles du temps. De souvenirs bien trop difficiles à supporter. Mais aussi celles d'une dépendance incontrôlable qui semblait avoir pris le dessus depuis bien longtemps déjà sur lui, le rendant méconnaissable. Un étranger. C'était tout ce que Juliet avait à présent face à elle. Homme qu'elle avait aimé mais qui semblait avoir disparu. Au sens propre comme figuré, puisque sans un regard Iad enfila sa veste et sortit de la petit maison sans adresser un regard à Baxter, laissant derrière lui autant de dégâts matériaux qui psychologiques. Une bouteille brisée. Un verre cassé. Un cœur brisé. Éparpillés en mille morceaux dans une pièce comme de vulgaires déchets. C'était ce qu'elle pensait être à présent. Un fardeau. Dont il souhaiterait probablement se débarrasser au plus vite, même si probablement inconsciemment elle s'en irait bien avant qu'il ne lui ai dit plus explicitement. Cependant elle espérait encore, qu'il était toujours là. Tout près d'elle. Mais qu'il ne faisait que se cacher, et réapparaîtrait un jour. Comme il l'était avant. Avant de revenir définitivement auprès d'elle. Avant de signer une descente plus rapide aux enfers. Pacte avec le diable en personne qui semblait l'avoir entraîné dans un cercle infernal. Boire pour oublier, oublier pour boire. Les raisons de ces addictions n'avaient aujourd'hui plus grand sens et bien que Juliet ait tenté à de maintes reprises d'aider son fiancé, lui semblait préférer la solitude à une quelconque compagnie. Même la sienne. Chose qui avait profondément blessé l'infirmière bien qu'elle n'en avait jamais rien dit, préférant le silence à la parole qui elle aurait sûrement engendré nombre de nouveaux tumultes par la suite.

Les joues toujours humides. Des sanglots qu'elle eut du mal à faire cesser, Juliet se décida enfin à commencer à nettoyer les débris d'une dispute un peu trop violente, tout en essuyant ses dernières larmes d'un revers de la main. Ramasser ce qui venait d'être brisé, cassé. Action qui lui était devenue habituelle. Parfois elle tentait de réparer un peu. Recoller les morceaux. Non sans savoir que rien ne retrouverait sa solidité initiale. Cependant elle essayait toujours, espérant que tout finirait par redevenir comme avant. Iad. Leur amour qui semblait s'être évaporé. Mais aussi elle-même. Parce qu'elle aussi avait changé, face à cette situation délicate qui chaque jour s'enlisait un peu plus. Tout du moins pensait avoir changé, étant devenu bien plus fataliste que de nature.

Soudainement interrompue dans ses pensées, Baxter se redressa et vint ouvrir la porte pour de se retrouver nez à nez avec Trystan, la vue toujours légèrement troublée. Presque instantanément elle tenta de feindre un sourire et glissa sa main sur son cou nerveusement tout en tentant de faire disparaître ces derniers larmes incongrues. Apparences. Encore et toujours. Dans ce quartier telle était la règle à laquelle Juliet ne dérogeait pas : faire bonne figure. Dans n'importe quelle circonstance. Visiblement en vain puisque Mayfield semblait avoir remarqué ces quelques signes de peine qui demeuraient présents sur son visage. Laissant alors son sourire retomber, elle lui répondit d'une voix peu convaincante. « Salut Trystan... Non tu ne déranges pas. Iad est parti faire un tour il y a quelques minutes. Je ne sais pas du tout quand il reviendra. Mais non, entre. Tu vas pas rester là. » Un nouveau sourire. Avant qu'elle ne se décale pour le laisser entrer, fermant la porte derrière lui. Apercevant les quelques bouteilles d'alcool, elle baissa la tête dans un long soupir et ajouta à mi-voix sur un ton involontairement sarcastique. « T'aurais pas du ramener tout ça. Il a toujours tout ce qu'il faut ici. » Tout en revenait donc toujours à cela ? Même avec Trystan ? Constat navrant qu'elle ne put ignorer, le regard posé sur les quelques débris de verre qu'elle n'avait pas eu le temps de nettoyer. Elle vint alors ramasser les derniers morceaux tout en s'excusant. « J'suis désolée, j'ai pas eu le temps de nettoyer. Tu veux quelque chose à boire, d'ailleurs ? »
△everleigh
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MessageSujet: Re: “Sharing is loving.” # Juliet & Trystan Mer 21 Nov 2012, 7:16 pm





« Sharing is loving. »

«The first and worst of all frauds is to cheat one's self. All sin is easy after that. »

Des ruines, c'était tout ce qu'il restait de cette époque. Ce fameux temps où Trystan & Iad s'étaient connus. Les choses étaient bien différentes dans ce passé lugubre: on n'avait pas besoin de parler pour se faire comprendre. Frères d'armes, plus que cela même, les deux hommes avaient tissé un lien que rien ne pouvait défaire dans ce monde de violence. Pourtant, le retour à la vie mettait à mal tout ce concept: ils ne se voyaient plus quotidiennement, leur vie les avait rattrapés et Trystan avait conscience que parfois, Iad allait trop loin. Il ne pouvait pas l'aider, il le souhaitait de tout son coeur mais il n'arrivait déjà pas à régler ces traumatismes, comment pourrait-il arranger ceux de cet homme aussi meurtri que lui? Mayfield avait toujours espéré que Juliet, la femme de sa vie, serait en mesure de réparer ce qui avait été cassé dans la carcasse de son ami. A en juger par son état, la réalité était toute autre. Bien évidemment, la jeune infirmière le camouflait aussi bien que possible mais le militaire n'était pas dupe. Trystan connaissait Iad comme sa poche, il savait mieux que quiconque ce qui le tourmentait. Personne ne pouvait les aider désormais, un combat contre eux mêmes était engagé et aucun des soldats ne pourrait en sortir victorieux sans en laisser des plumes. Là voilà la triste vérité qu'aucun civil ne pouvait comprendre.
Trystan regarda le visage meurtri de la jeune femme et lança un sourire gêné et compatissant alors que celle-ci lui faisait état de la situation. Iad n'était vraiment pas prêt de revenir à en juger par les débris qui jonchaient le sol lorsque Juliet le laissa entrer dans la demeure. Elle ajouta un commentaire sur ce qu'il avait amené. Son ami était malade, il gérait ces doutes et peurs par l'alcool. Trystan le savait mais il ne pouvait pas lui refuser cela. Il n'était pas en droit alors que lui-même avait des refuges personnelles. Il la regarda avec un sourire triste avant de lui répondre.

Je suis vraiment désolé de débarquer comme cela... Je suis encore plus désolé de ne rien pouvoir refuser à Iad tu sais... J'espère que cela ira, que ce n'était qu'une petite dispute et que ça lui passera...

Puis, la jeune femme accourut pour ramasser le verre par terre. Trystan déposa ses bouteilles sur la table et vint la rejoindre. Il était certainement hors de question que Juliet risque de se blesser après le moment difficile qu'elle semblait avoir traversé. Mayfield stoppa son geste avec sa main et surenchérit avec son regard sérieux. Il commença à ramasser ce qui restait puis répondit à la question de Juliet.

Ehh laisse moi gérer ça! Va donc t'asseoir, t'as besoin de décompresser. Je me charge du reste. C'est plutôt à moi de te proposer un bon verre. J'ai ramené du bon vin, j'espère que ça t'ira! Peut être que tu veux me dire ce qui se passe avec Iad... Je peux peut être faire quelque chose!

Il termina de ramasser le verre avant de se diriger vers la poubelle pour y déverser les restes. Puis, il rejoignit Juliet avec la bouteille de vin dans le salon. Deux verres étaient sortis et Trystan sentit le chagrin immense qui envahissait la pièce. Cette saleté de guerre avait tout détruit et désormais, la vie n'était plus que cela, des pièces pleines de chagrin...


(c) Spinelsuns
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MessageSujet: Re: “Sharing is loving.” # Juliet & Trystan Sam 24 Nov 2012, 7:26 am

Sharing is loving
Quelques regards gênés, des sourires qui l'étaient presque tout autant, voilà la scène qui était en train de se dérouler. Et Juliet, elle, tentait tant bien que mal de faire bonne figure malgré le trouble flagrant qu'avait une fois de plus causé une dispute bien trop violente à son goût. Elle avait essayé pourtant bien des fois de calmer le jeu entre elle et Iad. Quelques gestes tendres, paroles rassurantes, invitation à un renouveau que celui-ci avait toujours décliné pour une raison qu'elle ne connaissait pas. Chose qu'elle s'efforçait de comprendre sans pourtant y parvenir. De quoi pouvait-il bien avoir besoin de plus ? Question à laquelle Baxter avait réfléchi bien des fois, mais qui pourtant demeurait sans réponse. Comme tant d'autres interrogations d'ailleurs. Le silence était de mise, la discrétion de rigueur, et le partage n'avait plus place dans un couple qui n'en était plus vraiment un. Ils se contentaient de vivre ensemble, s'échangeaient parfois quelques regards lourds de sens sans que rien ne change. Les images restaient les mêmes : une maison dénuée de toute vie, deux étrangers s'adressant quelques mots à de rares occasions, et des souvenirs, oui. Un tas de souvenirs. Ils étaient ce pourquoi Juliet continuait encore à se battre, malgré tout. Rappel d'une vie qui avait été sienne sans que cependant elle ne puisse vraiment la retenir. Elle lui avait filé entre les doigts, s'en était allée lorsque son amour fut revenu à ses côtés. Pour le meilleur. Mais aussi, surtout pour le pire. Puisqu'à présent restait de tout ce qu'ils avaient vécus ensemble une seule douleur lancinante, qui chaque jour prenait un peu plus d'ampleur. Destruction inévitable qui était en train de se produire sous les yeux indifférents d'un fiancé perdu dans les songes que lui imposaient ses addictions.

Adressant un nouveau regard à Mayfield lorsque celui-ci fut entré, elle lui répondit calmement sur un ton qui se voulut légèrement triste. « Les petites disputes se font donc de plus en plus fréquentes ces derniers temps... Ca... Ca lui passera pas. C'est constant, ça ne s'arrête jamais. Il ne s'arrête jamais... » Les bras croisés sur la poitrine, une nouvelle larme qui glissa sur des joues déjà bien humides qu'elle chassa d'un revers de la main après avoir tenté de masquer cette dernière par un sourire triste. Trystan pouvait probablement comprendre ce que Iad pouvait ressentir, mais semblait totalement étranger à la peine de Juliet. Comment pourrait-il imaginer cela ? Leur monde volait en éclats. Celui de Trystan. Celui de Juliet. Celui d'Iad. Tout en revenait toujours au même point, tout s'écroulait. Et rien ne semblait pouvoir être reconstruit sur les bases fragiles qu'étaient celles qui demeuraient encore intacte. Des liens forts, bien qu'à présent étant sur le points de disparaître, comme tout le reste. Resterait alors de ces périodes de doutes des images gravées dans un esprit déjà bien encombré. Tout finirait forcément par s'arranger. D'une manière ou d'une autre. Ici ou ailleurs.

Elle sourit. Un sourire reconnaissant qu'elle lui adressa suite à ses mots, geste qu'elle ne put réprimer, Trystan étant bien plus avenant que tous les hommes qu'elle avait l'habitude de côtoyer. Se redressant alors à ses côtés, elle croisa les bras sur sa poitrine et lui répondit, un peu intimidée. « J'aurais pu le faire... enfin, merci. C'est gentil. Oui, c'est parfait. » Alors, l'infirmière se dirigea vers le salon et sortit deux verres avant de s'asseoir dans le canapé, toujours troublée. Tant d'interrogations persistaient, tant de mystères demeuraient secrets. Elle aussi avait connu les drames, les séquelles psychologiques que pouvaient infliger des scènes trop violentes. Et avait mis des dizaines de mois, des années même. Cependant elle ne se sentait plus assez forte pour supporter cette situation aussi longtemps. Juliet perdait pieds, regardant disparaître cet équilibre qui avait été le sien durant un certain temps. Equilibre précaire qu'une bourrasque de vent vint emporter sans grande difficulté. Tout était donc si fragile ? Suffisait-il que quelque chose ou quelqu'un le décide pour que tout s'écroule aussi facilement qu'un vulgaire château de carte ? Le passé détruisait tout, oui, et détruirait probablement encore bien plus.

Redressant le regard vers Mayfield lorsque celui-ci revint dans la pièce, Juliet lui adressa un nouveau sourire discret restant cependant silencieuse. Lui semblait aller bien. Il paraissait être resté un homme droit, malgré tout. Certaines personnes étaient donc plus apte à survivre que d'autres, réalité injuste que Baxter maudissait intérieurement. Cependant, il lui donna un peu d'espoir, aussi. À nouveau. Si lui y était parvenu, alors peut-être que Iad finirait par y arriver aussi. Difficilement. Mais il était possible qu'il y parvienne. Alors, sur un ton quelque peu enfantin, elle reprit doucement à l'égard de Trystan. « Tu as l'air d'aller bien, toi. En tout cas mieux que lui. Je voudrais l'aider tu sais mais... J'y arrive pas. J'ai essayé, il ne veut rien entendre... Et il me manque. C'est sûrement ça le pire, au fond. Le voir partir seul au combat, encore. Et ne rien pouvoir faire. À croire que cela ne s'arrêtera jamais. »
△everleigh
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MessageSujet: Re: “Sharing is loving.” # Juliet & Trystan Sam 24 Nov 2012, 5:32 pm





« Sharing is loving. »

«The first and worst of all frauds is to cheat one's self. All sin is easy after that. »

Malgré nos bonnes intentions, malgré l'envie irrépressible de faire le bien, lorsqu'on choisissait la voie de l'armée, il n'y avait plus d'espoir. Aucun. Tous ces jeunes gens avaient vendu leur âme au diable et il n'y avait rien que l'on puisse faire. La fatalité. Le bonheur était inaccessible et tout ce que l'on pouvait faire était bien faire semblant. Toujours faire semblant. On n'allait jamais bien quand on rentrait d'années de combat. On n'irait jamais bien. La guerre vous bouffait, elle vous retirait tout, tout jusqu'à votre dignité. La honte, la mort, le regret, la culpabilité, c'était tout ce qu'il restait. On ne sauvait personne en exerçant ce métier, on ne garantissait pas la paix, on détruisait, toujours, encore, jusqu'à ce que le monde ne soit plus que cendres. jusqu'à ce que l'homme tombe au sol, cassé. C’était ce qui se déroulait pour Iad & Trystan depuis leur retour d'Asie. La vérité était dure à affronter, les images trop brillantes et la souffrance ne disparaissait jamais. Bien évidemment, Mayfield tentait de relativiser mais il ne vivait pas ce retour à une vie normale comme son ami. Parce qu'il n'avait pas eu le même destin. Parce qu'il n'avait pas Juliet dans sa vie et parce qu'il n'avait pas le même vécu et la même personnalité. Iad montrait sa souffrance, il la vivait et la faisait vivre autour de lui et c'était certainement cela qui détruisait tout sur son passage et personne ne pouvait le sauver, personne sauf lui même. Se pardonner, tout cela était une véritable utopie. Tuer un civil, ne pas sauver son coéquipier, voir des enfants périr sous vos balles, on ne pouvait pas se pardonner de n'avoir rien fait, non, on ne pouvait pas se pardonner d'avoir agi à l'encontre des valeurs mêmes de l'humanité, ces valeurs que l'on a chéri toute sa vie avant le drame.

Trystan constata l'étendue des dégâts visibles, la dispute avait dû être violente et il se contenta de sourire timidement à Juliet lorsqu'elle lui confia que plus rien ne s'arrêtait avec Iad. Il était ailleurs, perdu dans son monde de douleurs et Evann ne le savait que trop bien, il ne le connaissait que trop bien. Au prix d'une longue minute de silence, Trystan implora à l'infirmière d'aller se reposer alors qu'il réglait le problème du verre brisé au milieu de la pièce. Clairement perturbée, la jeune femme accepta sa proposition et ils se retrouvèrent dans le salon quelques minutes plus tard, le verre ayant disparu. Il lui demanda avec réserve si elle souhaitait parler des évènements survenus un peu plus tôt. Elle avait encore le visage rougi et Trystan était persuadé que Iad était allé bien loin cette fois ci. Bien sûr, se disputer était normal mais la violence avait tendance à revenir chez les gens comme eux, il était devenu impossible de se contrôler, les restes de la guerre les obligeaient à dépasser toutes les limites parce qu'il n'y avait pas de règles là bas... Il n'y avait plus rien, juste la désolation et la peur.
Trystan fit un tour d'horizon de la pièce alors que Juliet commençait à lui parler. Il se concentra de nouveau sur elle en entendant ses propos. Lui, aller bien? Si elle savait ce qui se tramait dans les recoins de son cerveau, elle ne dirait certainement pas cela mais le coeur du sujet n'était pas là. Iad. Sa détresse. Son combat contre lui même qu'il ne pouvait pas gagner. A quand l'heure de l'acceptation? Evann savait qu'il fallait se retrouver au fond du gouffre, à la limite de trépasser pour ouvrir les yeux sur sa condition. Cela ne serait pas facile en ce qui concernait son ami de longue date mais il fallait certainement qu'il tente quelque chose pour que sa relation ne parte pas aux oubliettes de la même manière que le mariage de Trystan. Le jeune homme servit un verre à Baxter et lui tendit, se concentrant de nouveau sur son regard tout en refaisant les mêmes gestes pour remplir son propre récipient.

Rien n'est définitif tu sais, il suffit de lui faire ouvrir les yeux. Je pourrais certainement lui en toucher deux mots... Je ne peux pas te promettre que tout ira bien, non, ça c’est impossible mais au moins essayer d'arranger les choses... Tu sais ce qu'on a vécu là bas, ça dépasse l'entendement et aucun de nous ne redeviendra ce qu'il était. Aucun. Même le temps n'y fera rien, on n'est plus les mêmes. On est juste brisés mais tu peux le réparer Juliet, tu peux être celle qui le sauvera. J'espère qu'il n'est pas allé trop loin tout de même...

Cette dernière phrase était plus pour lui même que pour Juliet et son regard dériva vers le fond de son verre, ses réflexions se dirigeant vers le passé. ce fameux passé qui leur avait tant pris à tous. Jusqu'où pouvait-il détruire d'ailleurs... Une question sans réponse.


(c) Spinelsuns
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MessageSujet: Re: “Sharing is loving.” # Juliet & Trystan Dim 25 Nov 2012, 2:07 pm

Sharing is loving
Paradoxe. Dénoncer une dépendance trop importante mais cependant tenter d'oublier les dégâts qu'elle pouvait avoir causé grâce à celle-ci. Un verre de vin. Un seul. Dans lequel Juliet plongea son regard durant quelques secondes, tentant de comprendre l'effet indescriptible de ce dernier sur son fiancé, mais n'y parvint pas. Comprendre. Chose qu'elle avait toujours souhaité afin d'aider Iad. Le pardon passait par la compréhension, c'est pourquoi elle menait ce combat, afin de pardonner. Et peut-être, reprendre le cours d'une vie qui avait été leur. Différente, certes. Sûrement difficile, et semée d'embûches. Mais ensemble, retrouver ce qui lui avait tant manqué. Un peu de tendresse, beaucoup d'amour. Sentiment qu'elle n'avait plus lu dans ses yeux depuis longtemps. Regard livide qui était devenu sien, bien souvent troublé, animé par une flamme destructrice causée par l'alcool. Symbole d'une haine, colère grandissante contre tout. Le monde entier. La société américaine. Lui-même, peut-être aussi. Une culpabilité expansive causée par de trop nombreuses réminiscences incontrôlées, qui devaient sûrement le détruire encore plus que son addiction. Hypothèses qu'émettait Juliet sans jamais en avoir la confirmation, ignorance qu'elle ne supportait que très mal, se contentant cependant de rester silencieuse afin de ne pas empirer la situation. Lui parlait assez pour eux deux.

Redressant le regard sur Trystan, elle plongea ses deux yeux bleus encore brouillés de liquide lacrymal dans le regard de Mayfield lorsqu'il lui répondit. Suspendue à ses lèvres, à chaque mot, elle écouta attentivement ce dernier tout en avalant une gorgée de vin avant de reposer son verre sur la table basse. Sans le savoir, il venait de la réconforter, déjà un peu. C'est pourquoi elle resta ainsi, durant quelques secondes, à le regarder, cherchant plus de réponses, peut-être. Avant de tourner la tête timidement, et de venir glisser son visage entre ses mains en esquissant un léger sourire, les yeux fermés. Aveugle, oublier cette réalité indéniable qu'était la leur. Une existence insensée, un souffle n'ayant aucune valeur aux yeux de l'état si ce n'était celle de prouver que certains survivaient. Donner encore un peu d'espoir aux citoyens, leur promettre une vie paisible après ces massacres. Continuer de les faire rêver, coûte que coûte. Peu importe les âmes blessées ou perdues, les hommes égarés ou devenus fous, peu importe les séquelles, tant que l'Amérique continuait de briller. Ils se nourrissaient de la détermination de leurs propres citoyens, leur force de vivre, leur retirait tout cela, puis les laissaient simplement revenir chez eux. Au nom de l'Amérique. Restait alors pour la plupart de simples restes des personnes qu'ils avaient été avant leur départ. Avant leur massacre. Avant leur mort. Qu'elle soit physique ou non. Iad était mort, en quelque sorte. Assassiné par sa propre patrie pour laquelle il aurait donné sa vie. Existence n'ayant pas grande importance aux yeux de cette dernière. Baxter n'avait pas vécu ça, non. Mais elle le ressentait à travers lui, et le devinait. Seule chose qu'elle arrivait encore à capter de celui qu'elle avait tant aimé. Seule chose qu'ils partageaient encore. La souffrance.

Baxter redressa la tête doucement, le regard perdu dans le vide rempli de ses pensées les plus intimes. Une nouvelle gorgée de vin. Et des mots qui s'échappèrent d'entre ses lèvres sans qu'elle ne puisse retenir quoi que ce soit, une fois de plus. « Je sais mais je... C'est pas à moi de payer pour ça. J'ai rien fait. Je voulais juste... Qu'il soit là. Pas ailleurs. Avec moi. C'est égoïste je sais mais... Tu sais, je sais ce que c'est moi aussi. Les traumatismes. T'es probablement à mille lieux de t'imaginer ce que j'ai pu vivre. C'est pas pareil, c'est pas comparable je sais mais je peux pas m'empêcher de me dire qu'il sait très bien qu'il pourrait s'appuyer sur moi, tu vois ? » Un nouveau regard, qu'elle lui adressa. Une vue de nouveau troublée. Des souvenirs qui eux remontaient à la surface, d'un coup. Flashbacks incessants qui rythmaient ses nuits encore aujourd'hui. Tout s'emmêlait dans son esprit. Trop d'informations simultanées, trop de souffrances accumulées. Réprimant quelques sanglots difficilement elle haussa les épaules timidement, ne pouvant cependant empêcher quelques larmes de couler à nouveau sur ses joues. Rien n'avait jamais été. Dans son enfance, Juliet avait tout perdu. C'est lors de sa rencontre avec Iad qu'elle avait goûté à ce semblant bonheur que tant lui contaient depuis toujours. Puis lui aussi s'en était allé. L'abandonnant, comme tous les autres. Alors qu'elle, avait tellement besoin d'être protégée, rassurée. Que quelqu'un soit là, juste un peu. Combler cette brèche immense qui s'était formé d'année en année, et surtout, oui surtout, lui dire que tout irait bien un jour. Un peu de tendresse, un peu d'amour. C'est tout ce dont elle avait besoin. Ce que visiblement la seule personne qu'elle ait jamais aimé n'était capable de lui offrir.

Une main posée sur sa gorgée nouée, Juliet se mordit la lèvre durant quelques secondes. Se retenir. Essayer, tout du moins. Parce que Trystan n'avait pas à voir ça. Ce flot d'émotions. Son passé, son présent, tout se mélangeait. Parce que tout s'était toujours ressemblé. Après avoir passé plusieurs années à se remémorer involontairement le massacre qu'avait été celui de sa famille, après avoir souffert de leur perte, aujourd'hui c'était eux qu'elle pleurait encore. Ainsi qu'Iad. Qui disparaissait, lui aussi, peu à peu. Mourait à petit feu. Sous le regard embué de Baxter. Un sanglot. Un seul franchit la barrière de ses lèvres. Et elle ajouta, d'une voix tremblotante, pendant que ses larmes, elles, se répandaient sur son visage marqué par la souffrance. « Comment est-ce que je pourrais le sauver si je suis même pas capable de me maintenir en vie moi-même ? » Triste réalité. Elle avait besoin de soutient pour vivre, était dépendante de ce que les autres pouvaient bien lui apporter. Iad avait toujours été son point d'ancrage, la seule chose sensée qui soit arrivée dans sa vie. Et qui l'ai sauvée. Cependant tous deux dépendaient de l'autre. Et tant que l'un n'aurait pas le courage de leur sortir la tête de l'eau, ils continueraient ainsi à se noyer dans les fonds de leurs passés respectifs.
△everleigh
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MessageSujet: Re: “Sharing is loving.” # Juliet & Trystan Dim 25 Nov 2012, 8:16 pm





« Sharing is loving. »

«The first and worst of all frauds is to cheat one's self. All sin is easy after that. »

Laisser le pire en nous s'exprimer, se laisser embraser par la haine, la colère ou la peur. Il y avait peu de choses que l'Homme pouvait contrôler et en vérité, quelqu'un comme Trystan ne contrôlait rien du tout. Loin d'être maître de sa vie, encore moins de ses sentiments, le pauvre militaire ne faisait que divaguer vers des horizons hostiles. Retourner dans le passé, les images martyrisant son cerveau déjà malade. Trystan s'imaginait très bien la souffrance d'Iad, il la vivait aussi réellement que lui. La différence entre les deux hommes pourtant était notable: Juliet s'accrochait à lui, contre vents et marées, elle était toujours là pour l'accueillir. Mayfield, lui, était seul, toujours abandonné à son sort, dans ses folies passagères. Des sueurs froides la nuit, des cauchemars à répétition, personne ne viendrait le sauver. Il avait échoué. Encore un domaine de sa vie où il avait failli. Concentré sur son verre de vin, le pauvre homme tentait d'effacer ces visions, sa vie n'était pas finie, celle d'Iad non plus et l'espoir existait. Ce satané espoir qui les avait ramenés en vie sur le continent, ce fichu espoir qui continuait de les faire miroiter un après, une réparation qui ne venait jamais. Il finit par lever ses yeux azur vers Juliet qui le regardait avec le même intérêt, ils étaient comme liés par la douleur, constat terrible d'une vie qui leur échappait. Le militaire laissa son regard sur elle pendant cinq bonne minutes, comme s'il arrivait à percer à travers sa carapace. Chaque geste qu'elle faisait le transperçait sans raison apparente: son visage entre ses mains, Trystan voyait miroiter les perles d'eau sur sa joue alors que la jeune femme regardait ailleurs. Ses joues, Mayfield les regarda avec insistance, comme s'il découvrait la sensualité de cette femme pour la première fois puis il comprit. Un tilt s'opéra dans sa boîte crânienne. La marque. Trystan sentit ses muscles réagir à ce constat. Iad avait laissé ses émotions l'emporter, il avait pêché véritablement. Le regard d'Evann revint dans les yeux de Juliet et pourtant, il ne parla pas tout de suite. Il fallait qu'il digère l'information. L'infirmière se remit à parler pourtant et le regard azur de Trystan ne se détacha pas une seconde de ses yeux. La souffrance, encore cette vilaine émotion qui refit perler les yeux de la jeune femme. Elle n'avait jamais réellement parlé de son passé à Trystan mais cette fois, elle se laissait aller à une confidence à demi mots, celle d'un passé sombre et qui l'avait détruite. Peut être pas comme eux, soldats, mais d'une manière tout aussi terrible à en juger par le regard alarmant qu'elle lui lança. Elle voulait seulement une épaule sur laquelle se reposer et Iad s'y refusait, perdu dans sa folie. Trystan ne pouvait que comprendre son point de vue, il avait fait la même erreur que son ami et le regrettait amèrement aujourd'hui. Si seulement l'espoir réglait tout... Le militaire croisa les mains et regarda à terre pour ne pas céder à la tentation des pleurs. Il était tellement fragile face à la détresse depuis qu'il était rentré qu'il ne pouvait pas supporter un regard pénétrant de tristesse. Il prit pourtant son courage à deux mains pour faire face à Juliet. Combat de tous les instants pour ne pas se laisser submerger par les images: la haine, la peur, la colère, la survie, le sable, la grenade. Le vide. Se concentrer sur Baxter, uniquement sur cette femme qui devait surmonter le pire, sans personne à qui parler. D'une voix émue, Mayfield tenta de la rassurer.

Je ne sais pas ce que t'as vécu. Tout ce que je sais, c'est que Iad ne se repose sur personne. J'ai essayé de l'aider là bas, plein de fois. J'ai pas été assez fort pour lui, pour le faire résister à sa folie et regarde aujourd'hui ce que ça donne, à cause de moi, il te fait du mal. Je le vois sur ton visage, je sais ce qu'il t'a fait et ça me tue Juliet!

Trystan passa à son tour ses mains sur son visage. La douleur s'était ancrée dans sa poitrine, le chemin jusqu'à son coeur n'était plus très long et il perdrait bientôt pied. Il fallait tenir le coup à tout prix. S'il était revenu d'entre les morts à plusieurs reprises, ce n'était pas pour sombrer devant quelqu'un qui avait plus besoin de réconfort que lui. Les yeux fermés pendant une seconde, Mayfield évacua la tension: celle de l'échec, celle de la mort qui continuait de montrer ses armes au dessus de son crâne. On ne lui échappait jamais et tous ces cadavres resteraient devant ses yeux jusqu'à ce qu'il soit emporté avec eux. L'homme revint sur Terre alors que Juliet faisait ressortir toute sa détresse par une simple interrogation. Le regard hypnotisant de Trystan se leva de nouveau vers elle et il vit ses larmes couler, flot ininterrompu qui provoqua des décharges électriques en Trystan. Instinctivement, il se leva en direction de la jeune femme et vint s'asseoir à ses côtés, lui proposant ses bras comme rempart entre elle et son malheur. Il osa même essuyer ses larmes d'un léger toucher avant de répondre à sa peur.

J'en sais rien Ju', j'en sais rien mais t'es pas seule, tu le sais ça? Je serais toujours là pour t'écouter et je te promets que je ferais tout ce qu'il y a en mon pouvoir pour ramener Iad parmi nous. J'en mourrais s'il le faut. Je te le promets.

Son regard resta planté dans celui de Juliet. Le monde s'écroulait autour d'eux depuis des années, la folie ne laissait plus place à la joie, ainsi soit il. Pour autant, Trystan ne se laisserait pas abattre et s'il ne pouvait pas se sauver, il pouvait au moins tenter de réparer ce qui avait été cassé chez Juliet Baxter...


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MessageSujet: Re: “Sharing is loving.” # Juliet & Trystan Lun 26 Nov 2012, 8:45 am

Sharing is loving
On ne se relevait jamais. On ne vivait pas. On survivait. Parce que ces traumatismes semblaient bien trop difficiles à surmonter, bien trop dur à accepter. L'Homme se contentait alors d'errer tel une ombre sans but, un fantôme, coincé dans les vestiges de souvenirs tous plus douloureux les uns que les autres. Certains parvenaient cependant à accéder à un bonheur surfait, basé sur le mensonge et l'oubli. Parce qu'il était bien plus facile d'oublier que de faire face à la dure réalité, constat navrant se confirmant chaque jour dans la demeure du couple. Lui, criblé de balles. Elle la gorge nouée, compressée par une lame sûrement trop aiguisée à son goût. Et cette sensation revenait, sans cesse, perpétuel recommencement d'une scène qu'elle avait déjà vécu tant de fois. Perpétuel recommencement d'une mort à laquelle elle avait échappé de justesse. Juliet se haïssait aussi pour cela. Avoir survécu. Grâce à la mort de sa propre famille. Elle était leur bourreau, la cause même de leur perte, souffrance qu'elle pensait naïvement s'être infligée seule. Telles demeuraient ses pensées les plus sombres, comme celles de la plupart des personnes ayant survécu comme elle. La culpabilité. Celle d'être le seul dont on se rappellerait alors que notre vie nous la devions à ceux qui avaient péris à notre place. Ceux qui nous avaient protégé. Ceux qui nous avaient aimé. L'amour cette fois-ci semblait avoir triomphé sur l'horreur, protégeant l'enfant qu'elle était d'une fin certaine. Fin qu'elle aurait préféré vivre une fois plutôt que des milliers. Et cette souffrance, cette douleur innommable provenant de ces sentiments si particuliers prenait place vicieusement en elle chaque matin. Elle s'immisçait dans chaque recoin de son corps tout entier, rendant ce dernier bien trop vulnérable, en proie à de nouvelles attaques. Restait alors comme seul réconfort la lame à double tranchant que représentait l'espoir. Celui en qui certains avaient placé leurs vies entières. Celui dont beaucoup de personnes revendiquaient les bienfaits sans jamais y avoir goûté. Trace amer que ce dernier laissait entre les lèvres ; teintée de regrets ou de remords, laissant comme seul souvenir un destin incertain placé entre des mains très peu fiables. Il s'agissait d'ailleurs de la raison pour laquelle Baxter avait cessé d'espérer. Elle avait trop donné, s'était trop battue contre des démons pourtant bien plus forts qu'elle. Démons qui avaient fini par la faire défaillir, absorbant toute la volonté et la force dont elle avait pu faire preuve. Et ses espoirs, aussi. Ceux d'une vie brisée, de rêves peut-être trop utopiques pour la jeune femme qu'elle était. Ainsi semblait elle vouée à une destinée qui paraissait inévitablement lui échapper, lui filait entre les doigts sans qu'elle ne puisse rien retenir. Juliet n'avait plus aucun contrôle sur sa vie. Aveuglément, naïvement, elle avait fait confiance en l'homme qu'était Iad. Elle lui avait confié sa vie, ses faiblesses, ses envies. Parce qu'elle lui faisait confiance. Et qu'elle pensait voir en lui la seule personne qui serait capable de la sauver, lui sortir la tête de l'eau. Et la faire respirer, oui. Sensation si agréable qu'était celle de sentir ses poumons s'emplir d'oxygène après avoir passé tant d'années à chercher un sens à son souffle. L'amour avait semblé être à ses yeux la chose qui la sauverait de nouveau. Cependant aujourd'hui, en sentant celui-ci s'en aller, l'infirmière qu'elle était observait sous son regard embué que les plaies qu'elle avait mis tant de temps à panser se rouvraient. Laissant alors sa douleur couler dans chaque veine, chaque artère, alimentant ainsi en souffrance ses organes comme son coeur. Réaction purement physique qu'elle ne pourrait pas guérir elle-même.

Un regard suppliant qu'elle posa sur le visage de Mayfield, toujours tremblotante. Difficilement, elle parvint à se concentrer sur ses mots bien que ses prunelles furent bien plus significatives. Compréhension. Réconfort. Tant de choses qu'elle avait tenté d'apporter à son fiancé sans que ce dernier n'en veuille, repoussant alors la femme qui l'aimait encore plus loin de lui qu'elle ne pouvait déjà l'être. Distance effrayante qui semblait s'agrandir de jour en jour, creusant un trou béant qu'était celui de leur éloignement. Abîmes dans lesquelles avaient été jetées leur souvenir, rejoignant alors une complicité qui s'était évanouie elle aussi. Le temps d'un retour. Et elle avait pensé naïvement à ce moment là qu'elle retrouverait son fiancé, tendre et attentif. Particularités qui semblaient avoir quittées Iad mais qui cependant semblaient demeurer intact en l'homme se tenant face à elle. Silencieuse durant de nombreuses secondes, Juliet vint cependant se serrer contre Trystan lorsque celui-ci s'approcha d'elle suite à ses mots, étreinte qui lui fit esquisser un très léger sourire, premier signe de remerciement. Glissant son visage sur l'épaule de son ami, le nez tout contre son cou, elle inspira profondément, humant les parfums si particuliers que pouvaient être ceux d'un homme tout en se délectant du plaisir que cette effluve pouvait lui procurer. Odeur singulière qui avait manqué à la jeune infirmière, n'ayant eu l'occasion de profiter de celle-ci depuis bien longtemps. Après être restée quelques secondes immobile dans les bras de Mayfield, elle vint cependant se redresser, plaçant son visage face au sien, laissant entre eux deux seulement quelques centimètres. Un regard. Un nouveau regard toujours troublé qu'elle plongea dans ses deux yeux bleus, essuyant ses larmes d'un revers de la main. Et doucement, tendrement elle murmura sur un ton qui fut involontairement infantile. « C'est... Enfin, tu sais, c'est pas de ta faute. Il était pas fait pour survivre à ça, c'est tout... On n'était pas faits pour survivre à ça. Qui aurait pu après tout ? » À chacun son tour de rassurer l'autre. Et Baxter resta ainsi, de longues secondes, silencieuse. Incapable d'ajouter quoi que ce soit, en réalité. Absorbée par son regard, elle se perdit dans ses prunelles remplies d'émotions tout en venant inconsciemment glisser une main sur sa nuque. Geste irrépressible que son corps semblait avoir effectué sans avoir demandé à sa raison une autorisation quelconque. Puis, lorsqu'il glissa une main pour essuyer ses dernières larmes, un long frisson la parcourut dans son corps entier. Un de ceux dont le seul maître avait toujours été Iad. Juliet esquissa alors un nouveau sourire gêné tout en baissant la tête, soudainement rappelée à l'ordre par la réalité qu'était la leur. Raison qui s'avanouit cependant dès que Trystan reprit la parole sur un ton toujours aussi ému.

Baxter écouta ses mots, un par un, les analysa tous à la suite tentant tant bien que mal de réprimer un désir nouveau qui semblait avoir refait surface quelques secondes auparavant. Doucement, elle redressa la tête pour se retrouver de nouveau face à lui, un léger sourire timide habillant toujours son visage meurtri. Et elle glissa alors son regard sur son visage, n'écoutant que peu attentivement les derniers mots qu'il prononça. Une fois qu'il eut terminé, l'infirmière s'approcha alors encore un peu de lui doucement, et murmura maladroitement. « C'est gentil. D'être là pour moi... » Un nouveau sourire tout aussi maladroit que ces mots, la proximité de Mayfield la troublant de plus en plus. Et dans un souffle, un seul qui vint se glisser sur ses lèvres, elle ajouta sur un ton à peine audible. « Merci. »
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MessageSujet: Re: “Sharing is loving.” # Juliet & Trystan Lun 26 Nov 2012, 9:30 pm





« Sharing is loving. »

«The first and worst of all frauds is to cheat one's self. All sin is easy after that. »

Vivre sa vie dans le mensonge. Ne le réaliser que lorsque la situation devenait extrême. Souffrir du constat pourtant évident que le chemin pris n'avait jamais été le bon, n'avait jamais été sien. Se complaire dans cette vie vicié, cette vie sans valeur réelle, des souvenirs qui ne constituaient que des leurres. Embrasser la folie, ne plus vouloir la quitter pour la simple et bonne raison qu'elle faisait désormais partie intégrante de votre personnalité. C'était un chemin que Trystan avait choisi d'emprunter plus de dix auparavant: aimer sa patrie, cette Nation qui l'avait abandonné à son propre sort, celui d'un enfant réduit à l'état d'esclave, le tyran ayant tout pris de lui. Pourtant, il était là, il était encore debout et arrivait encore à sourire, à réconforter et à aimer... On ne lui avait jamais rien appris, autodidacte, le jeune soldat avait su se frayer un chemin dans cette jungle que constituait la vie. Les valeurs qu'il avait développées, il les avait choisies seul et qu'en restait-il? L'honneur, l'amour de la vérité, l'amitié et la vertu. Il continuait de croire en ces misérables principes à défaut de continuer à vivre corps et âme pour sa patrie. Mais à quoi bon idolâtrer des idées qui n'avaient jamais été vôtres? A quoi bon vivre dans le mensonge? Ouvrir les yeux. Faire le point et regretter, regretter amèrement d'avoir pris cette route, tête baissée pour ne relever les yeux qu'à l'arrivée. Cette sombre arrivée où l'Homme faisait face à l'image d'une femme blessée par un comportement typique d'un soldat traumatisé. En cet instant, Trystan ne voyait pas Juliet en tant que fiancée de son meilleur ami, non, il la voyait comme la réincarnation, comme la vérité sur toutes les femmes qu'il avait connues. Kendra, la douce Kendra qui avait péri sous ses yeux alors que son devoir était de la protéger. Sa propre femme qu'il avait certainement détruite autant que son ami avait cassé le lien sacré avec l'infirmière. Il lui avait refusé le bonheur, la lumière, le sacré, la famille. Tout ce qu'un homme sensé devait de droit donner à une femme. Un échec, un parmi tant d'autres, un qui faisait atrocement mal et qui accroissait des sentiments étranges envers la jeune femme en face de lui.
Impuissant face à son passé, effrayé de son avenir, Trystan ne pouvait que s'accrocher à cette vision. Celle d'une jeune femme en pleurs, désespérée et qui était prête à perdre son âme pour en sauver une autre. C'était cela le véritable amour: se donner sans vouloir reprendre, pardonner au delà du pardonnable, vivre au delà de la mort et espérer, continuer d'espérer alors que l'ombre vous rendait aveugle. L'obscurité, en cet instant, prenait la forme de la culpabilité au fond des entrailles de Trystan: il avait l'impression d'avoir abandonné son ami en proie au pire ennemi qui puisse exister, lui même et tout ce qu'il pouvait faire, désarmé, était bien regarder ce duel à mort opéré sous ses yeux en sachant pertinemment que Iad serait le grand perdant de la bataille. Constat qui le frappait de plein fouet alors qu'il sentait la chaleur enivrante de la jeune femme dans ses bras, un désespoir mêlé à de l'envie qui le troublait bien plus que tout le reste. Son souffle chaud qui martyrisait sa peau déjà frissonnante, son contact annihilant toute espèce de réflexion considérée. Le regard de Trystan se tourna instinctivement vers celui de la jeune femme, comme s'il lui permettait de conserver un certain contacte avec l'âpre réalité à laquelle ils devaient faire face. Son regard dans le sien, ses paroles murmurées résonnaient comme une ballade aux oreilles de Mayfield. Apaisantes, implacables, voire lyriques, les répliques de Juliet le touchaient jusqu'au plus profond de son être. Et si elle avait raison? S'ils subissaient juste le coup du sort? S'ils étaient tout bonnement incapables de lutter contre le destin malgré la force mise dans le combat? Des yeux émus au possible, un léger sourire timide au bord des lèvres, Trystan s'avançait dans un chemin tortueux mais rien ne pouvait surpasser le bien être qui le submergeait alors qu'il partageait un moment d'une intimité intense avec la fiancée de son meilleur ami.. Mayfield devait désormais relativiser et il tentait d'imprimer les propos de Juliet dans son esprit, pour continuer à rester debout, pour ne pas s'en vouloir de toutes les misères du monde. Regard électrisant peine toujours visible, le jeune militaire laissa son coeur parler plus que son cerveau.

Il n'est pas mort. Il a survécu.. A sa manière c'est sûr. On est encore là, tous, même si notre âme n'est plus en un seul morceau, il n'y a pas qu'une seule manière de la recomposer. Il n'y a pas qu'un seul bonheur qui existe, pas qu'un seul destin. Rien n'est fatal, Juliet.

Sa main délicate sur son doux visage, un toucher interdit et pourtant si plaisant, ses doigts fins sur sa nuque, le reste du monde n'avait plus d'intérêt. Que ses yeux, sa peau, sa simple vue le tourmentaient comme rarement il n'avait été troublé. Moment étrange, vice contenu, leur visage bien trop proche, Trystan sentait que son corps ne répondait plus du tout à son esprit. Perdu à jamais dans l'ouragan de la solitude et d'un désir nouveau, incompréhensible et pourtant si prenant. D'autres mots dont la signification pénétrèrent dans l'antre de son cerveau assez tardivement, son regard bien trop concentré à l'analyse du visage de l'infirmière. Un remerciement murmuré au creux de son oreille distraite, un lien indestructible et une réponse chuchotée avec la même intensité.

Un jour, il réalisera sa chance et ce jour-là, tu n'auras plus à me remercier...

La résistance au point mort, cette attraction fatale brisant sa dernière arme, Trystan sentit son visage faire disparaître les derniers centimètres qui le séparaient du visage de la jeune infirmière. Sa main caressant toujours le visage de Juliet, ses lèvres finirent par atteindre leur but, le pêché originel, le désir et toute son intensité alors que le militaire disait adieu à son honneur, pour goûter à ce désespoir partagé...


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MessageSujet: Re: “Sharing is loving.” # Juliet & Trystan Mar 27 Nov 2012, 3:38 pm

Sharing is loving
Un destin. Un seul, qui depuis toujours semblait être régit par une force extérieure qui lui échappait totalement, lui filait entre les doigts sans qu'elle ne puisse rien retenir. Une vie entière régie par les dures lois qu'étaient celles de l'amour, lien indestructible qui semblait toujours avoir guidé Juliet, laissant ainsi la vie de ses proches définir la sienne. Ainsi s'était-elle retrouvée à de nombreuses reprises prise au piège, coincée entre la réalité que pouvait représenter un tel choix de vie et ses sentiments irrépressibles qui eux semblaient prêt à se battre, encore. Contre tout. Et même la mort. Baxter donnait tout. Toujours tout. Corps et âme, répression comme liberté, amour comme haine. Elle offrait sans compter tout ce qu'elle pouvait apporter aux personnes qu'elle aimait, ne se souciant que trop peu des risques. Vivre au jour le jour, et sombrer dans la nuit. Quotidien auquel elle avait fini par s'habituer, n'ayant pas vraiment d'autre choix. Et n'ayant surtout pas la volonté de changer quoi que ce soit. Passive. Elle laissait les autres choisir là ou ils l'emmèneraient, laissait ses sentiments parler en son nom car ils représentaient pour elle la seule vérité absolue, la seule chose en laquelle elle ait cru jusque là. Toutes ces réactions physiques, ces chamboulements psychiques, elle leur permettait de vivre, ne souhaitant redevenir la personne qu'elle avait été quelques années plus tôt. Vide. Dénuée de tout sentiment. Carapace imperméable à la souffrance qu'elle s'était forgée suite à une perte bien trop douloureuse pour elle. Et en ces instants jamais elle ne s'était sentie plus vulnérable. Cacher ses sentiments, les réprimer afin de se protéger, moyen indirect de montrer une faiblesse ayant causé nombre de dégâts auparavant. Une manière d'alerter, inconsciemment. Attirer l'attention sur elle ; car tel avait toujours été son seul souhait : exister. De n'importe qu'elle manière. Exister aux yeux de monde qui semblait ne se soucier que bien peu d'une orpheline. Exister aux yeux d'un fiancé qui semblait ne se soucier que bien peu de la femme qui l'aimait. Cependant à présent, jamais elle ne s'était sentie aussi vivante. Goût soudainement retrouvé pour une vie qui dernièrement lui échappait, sous le regard hypnotisant que pouvait être celui de Trystan. Car elle pouvait le deviner, lui aussi souffrait. Intensément. Douleur qu'infligeaient ces sentiments en lesquels elle avait toujours cru mais qu'elle haïssait aussi pour cela. Douleur qui semblait aussi être la base même du lien si intense qui les rapprochait à ce moment même, mêlés à des sensations presque aussi étranges que cet attachement soudain. Le cœur palpitant. Un regard qu'elle ne parvint à décrocher de celui de Mayfield. Et des sourires, oui. Des sourires bravant la souffrance qui les avait pourtant réunis, avant de mourir entre leurs lèvres. Quelques mots avaient suffit. Quelques mots compréhensifs. Et une voix. Si singulière mais pourtant si agréable, son dans lequel Juliet s'était réfugiée en ne se souciant que peu de sa signification. Tout dans l'homme qui se tenait face à elle semblait être bienveillant. Confiance qu'elle accordait à nouveau aveuglément, suivant une fois de plus un instinct qui la troublait quelque peu. Toujours plongée dans le regard de Trystan, elle tenta cependant de se concentrer sur les quelques mots qu'il ajouta, son index caressant presque machinalement la nuque de celui-ci. Réaction qui lui échappa. Une fois de plus. Cependant, sachant bien son geste déplacé, elle ne put cesser. Un besoin irrépressible de toucher du bout des doigts le réconfort qu'il représentait, sans probablement vraiment s'en rendre compte. Elle aurait aimé être dans la capacité d'ajouter quelque chose, un autre mot, un seul. Comme pour prouver que la situation lui appartenait encore, prouver qu'elle était encore maître d'elle même. Affirmation totalement fausse puisqu'elle resta ainsi face à lui, sans bouger. Intimidée, en partie. Mais aussi parce que ce désir qu'elle avait perdu depuis quelque temps déjà refaisait surface, incontrôlable. Chaleur intense qu'était celle que provoquait Mayfield sur elle, parcourant chaque centimètre carré de la peau déjà brûlante de Baxter sans qu'elle ne puisse réprimer quoi que ce soit. Sa raison ne répondait plus bien que la jeune infirmière tenta à de maintes reprises de faire appel à elle afin de cesser ce jeu dangereux dans lequel elle venait de s'engager.

Un long frisson qui la rendit encore plus troublée lorsqu'il glissa sa main sur son visage. Réaction totalement physique qui lui échappa, une fois de plus. Ses 5 sens en éveil, une raison qui elle semblait avoir pris la fuite, et ce sentiment qui lui demeurait intact, restait le même depuis les premiers mots prononcés. Celui de sécurité. Comme si rien ne pouvait arriver à la jeune infirmière tant qu'il serait là. Comme s'il lui était inoffensif, agréable sensation que pouvait être celle de se sentir protégée. Leur monde entier vacillait tel la vulgaire flamme d'une chandelle déjà bien abîmée, et qui bientôt s'éteindrait. Cependant dans cette obscurité, dans ces cauchemars et ces peurs qui rythmaient leurs quotidiens respectifs ils semblaient s'être trouvés, et tentaient ensemble de garder cette lueur allumée. Préserver un bonheur précaire que pouvait représenter le feu qui autrefois les avait animé, et qui à présent revivait le temps de l'étreinte interdite qu'ils étaient en train de s'offrir. Illusion cruelle que pouvait être celle qu'ils paraissaient tout deux ressentir ; penser accéder à un semblant de bien-être le temps d'une soirée, avant qu'elle s'évanouisse au petit matin. Moment qui plus qu'agréable deviendrait le lendemain leur pire secret. Lourd poids que représenterait celui de tels actes. Cependant Baxter n'y apportait peu d'importance, bien trop focalisée sur Trystan à ce moment là.

Un murmure qu'elle vint lui glisser au creux de l'oreille, rapprochant alors encore plus son corps du sien. Tout en revenant placer son visage face à celui de Mayfield, elle se mordit la lèvre, tentant de contrôler ses envies qui, elles le savait à long terme serait bien trop destructrices. Alors, ayant repris ses esprits le temps d'une seconde, d'un instant, elle retira à contre-coeur sa main de la nuque du brun se tenant face à elle et tenta d'articuler quelques mots sur un ton peu convaincant. « On devrait pas... »

Phrase qu'elle ne put achever, coupée dans son élan par les lèvres de Trystan qui vinrent enfin rencontrer les siennes. Un instant. Une décharge électrique qui parcourut son corps entier, assouvissant finalement ce besoin ardent qu'elle ressentait depuis plusieurs minutes déjà d'avoir cet homme tout contre elle. Sentir ce corps qu'elle pouvait tant désirer lui appartenir le temps d'une seconde. Goûter à l'interdit, adrénaline nouvelle qui ne fit qu'amplifier l'intensité du moment. Totalement désorientée, Juliet vint maladroitement prolonger ce baiser, et resta contre lui ainsi, durant quelques secondes, se délectant du plaisir qu'elle pouvait sentir se propager dans son corps entier. Puis, elle recula légèrement, inspirant profondément avant d'esquisser un léger sourire. Ses poumons semblaient s'emplir d'un air nouveau, chargé d'émotions, de sensations ; un air pur qu'elle n'avait eu l'occasion de respirer que rarement dernièrement. Et même si elle savait bien ces gestes proscrits, interdits, il lui donnait l'illusion de revivre, semblait être la réponses à tant de questions qu'elle se posait depuis si longtemps. Ainsi ses bras la protégeaient, ses lèvres la ranimaient. Et c'est sans pouvoir se contrôler qu'elle vint alors de nouveau chercher ses lèvres entre les siennes, beaucoup moins innocemment cette fois-ci, glissant son index le long de sa mâchoire. Baxter se sentait en vie. Plus que jamais. Et tenterait coûte que coûte de préserver cette sensation si agréable le plus longtemps possible.
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MessageSujet: Re: “Sharing is loving.” # Juliet & Trystan Ven 30 Nov 2012, 5:12 pm





« Sharing is loving. »

«The first and worst of all frauds is to cheat one's self. All sin is easy after that. »

Prendre une respiration et puis une autre, encore une autre, toujours une autre. Cycle infini qui ne revêtait plus aucun but pour Trystan. Une habitude. La survie pure et simple. Des années qu'il était perdu dans un schéma auquel il n'avait jamais appartenu, des années qu'il n'était pas du même monde, des années qu'il subissait un sort qu'il ne semblait pas avoir mérité. Pourtant, chaque matin, l'homme réussissait à se lever et se regarder dans une glace: parfois un certain dégoût le poussait à quitter la pièce sans se retourner, d'autres fois, c'est surtout un étranger qu'il découvrait. Dans tous les cas, jamais Trystan n'avait conscience d'être en vie. Jamais, son coeur ne ratait un battement. Jamais, il ne ressentait l'angoisse de voir partir quelqu'un qu'il affectionnait. Jamais, ô grand jamais, Mayfield n'avait souri de bonheur et jamais ses larmes n'avaient signifié une véritable détresse. Le militaire imitait ce qu'il voyait tout simplement. Aimer, il l'avait expérimenté et il n'avait pas aimé ce qu'il avait vécu. Ressentir, trop douloureux pour lui. Que lui restait-il pour rester au moins un peu humain? Des photos, des images, des sons, des souvenirs... Sans émotion. Sans cela, rien n'en valait la peine. Sans l'adrénaline de la découverte, sans la peur du grand saut, sans la peur de mourir, un Homme n'était rien. Coquille vide d'évènements qui n'avaient ni queue ni tête, enchevêtrements de besoins physiologiques sans réel envie de continuer à vivre. Se lever, survivre, se coucher. Amer dessein qui se répétait perpétuellement et pourtant, Trystan ne lâchait jamais prise. Et si demain, ces vulgaires sensations disparaissaient? Et si un véritable sourire s'affichait sur son visage? Et si demain, tout irait mieux? Y croire. Continuer d'y croire jusqu'à s'en brûler les ailes, jusqu'à damner son âme. Parce qu'il ne restait plus cela: l'espoir. Ce maudit espoir que rien n'était permanent, que le vent pouvait tourner et que les yeux des gens malheureux pouvaient se transformer en invitation au partage, à un nouveau sourire. La réalité paraissait bien différente; il fallait des années pour se reconstruire et même lorsqu'on arrivait à échapper au mal, une partie de nous mêmes conservait cette amertume, cette nostalgie indécente de tout ce qui avait pu être merveilleux avant. Dans le cas de Trystan, il ne pouvait connaitre réellement cette sensation mais c'est ce qu'il pouvait lire chez Juliet. Instinctivement, le soldat avait voulu réparer ce qui pouvait encore l'être, chérir ce qu'il pouvait encore l'être chez la jeune infirmière. Peu importe les conséquences, peu importe le combat, peu importe la déontologie et tout ce qui était censé séparer les deux jeunes gens, seulement le présent, ses yeux, ses lèvres...
Moment unique, découverte de sensations inconnues. Trystan était comme dans un état second, seulement préoccupé par la personne qui partageait son espace vital en cet instant. Juliet était un aimant: quoiqu'il ait l'intention de faire pour résister à cette fatale attraction, les dés étaient jetés d'avance et Mayfield se savait vaincu. Il entendit cette faible protestation, ce reste de raison qui circulait encore dans le cerveau de sa compagne. Il avait tort, il laissait son impulsivité le mener, Trystan voulait combler ce vide accablant. Ce trou béant au milieu de sa poitrine qu'il avait tenté de colmater de toutes les manières possibles depuis près de trente ans. Toutes ces années, il s'en était remis à Leland mais ce n'était pas suffisant. Puis l'armée, mais ce fut uniquement de la déception qui vint l'accueillir, son ex femme qui avait arraché son coeur de sa poitrine et Rebecca qui avait fini par accepter que son amour pour Tate était ce qui la rendait vivante. A la fin de la journée, Trystan était désespérément seul dans son monde et aujourd'hui, la donne changeait. Deux âmes égarées, deux destins torturées et deux êtres en recherche du réconfort que seul l'autre semblait être en mesure de lui donner. "On devrait pas..", ferme résumé de la situation que Trystan ne capta pas. Enfermé dans ce nouvel état d'esprit qu'il n'avait jamais connu auparavant, le goût de l'interdit, l'adrénaline de ce moment avec cette femme bien plus que désirable. Il n'y avait, de ce fait, plus de place pour un contrôle de soi quelconque: battements de coeur haletants, chaleur instantanée et respiration saccadée, Evann découvrait et il voulait plus, toujours plus sans réfléchir à l'après.
Trystan finit par laisser le feu ardent en lui prendre le dessus lorsque ses lèvres allèrent chercher celles de Juliet. Son âme, théâtre sismique où bon nombre de sentiments paradoxaux prenaient place dans une bataille acharnée mais au final, c'était bien le désir qui surpassait ses compatriotes. Sa main parcourant toujours la joue de la jeune femme, Trystan sentit que leur chaleur respective communiait pour ne plus laisser de centimètres entre eux. Puis, le baiser maladroit se transforma en un échange plus passionné, l'un qui laissait libre cours à tout ce désir refoulé pendant des semaines. Le jeune soldat sentit la main de la jeune femme se promener sur son visage et à ce moment précis, il sut qu'il était perdu, qu'il ne pourrait jamais revenir en arrière. Il en le voulait pas, il fallait qu'il réponde à ce besoin qu'il jugeait vital sur le moment. Juliet, il ne voulait que Juliet, comme si rien d'autre n'avait jamais eu d'importance à ses yeux. Un leurre certes mais un de ceux qui seraient certainement inoubliables et que Trystan conserverait dans son coeur comme ayant une signification particulière. Elle réussissait à lui faire ressentir ce potentiel que son âme avait caché toutes ses années et jamais, il ne pourrait oublier ce simple fait même si sur le moment, rien de tout cela ne semblait être une priorité. Seulement mêler son âme à la sienne, vibrer sous son toucher et la rendre heureuse. Juste la combler, lui faire comprendre qu'elle n'était pas rien dans ce monde et que lui était prêt à tout lui donner, tout pour effacer ce désespoir dans ses yeux. Son corps répondait à cette demande issue de son cerveau et son regard planté dans celui de Juliet entre deux baisers fougueux lui intima de lui offrir ce qu'il avait de plus précieux: son amour. Les autres pensées s'évanouirent, le monde s'effaça et Trystan se donna corps et âme à cette femme qui semblait être sienne, du moins le temps d'une soirée...



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MessageSujet: Re: “Sharing is loving.” # Juliet & Trystan Dim 02 Déc 2012, 6:43 pm

Sharing is loving
Les âmes blessées se rencontraient, s'entrechoquaient, partageaient, et aimaient. Aimaient comme ils avaient pu le faire auparavant, d'une force effrayante, passion charnelle qui devenait alors la leur alimentée par un toucher inévitable. Attraper du bout des doigts l'illusion de bonheur que pouvait représenter l'homme se tenant tout près d'elle à présent, serrant son corps brûlant contre le sien. Un instant de répit, une pause qu'ils s'accordaient mutuellement, une peine noyée dans plusieurs regards échangés pleins de désir, mais aussi de compassion. Tout semblait s'écrouler autour d'eux, tout s'effondrait sous le poids d'un passé qui leur était en quelque sorte commun, réminiscences ô combien douloureuses que leur infligeaient leurs mémoires respectives. Cependant en cet instant, seul le présent demeurait l'unique préoccupation de Juliet. Trystan était le présent. Un instant, une fraction de secondes, et tout s'envolait instantanément, effacé soudainement par un surplus de sensations inédites mais pourtant si agréable. Baxter se délectait du présent. Elle l'embrassait, le serrait dans ses bras, et ne le laisserait jamais partir. Pas tout de suite. Pas maintenant. Ses bras la réconfortaient, ses lèvres la ranimaient. Chaleur intense et nouvelle qui se propageait sur chaque centimètre carré de sa peau, plaisir qui peu à peu s'encrait dans son corps et se glissait jusque dans son sang. Les images défilaient et se marquaient au fer rouge dans une mémoire qui cette fois-ci ne lui épargnerait probablement aucun détail. Son esprit bien souvent lui avait joué des tours, oubliant certaines parties de son histoire, ces souvenirs étant bien trop douloureux pour la personne qu'elle était. Cependant, les moments heureux eux, étaient restés intacts. Ils demeuraient tels de vulgaires images bien souvent cause de nostalgie. Sa rencontre avec Iad. Le moment où il était rentré pour de bon. La plupart voire l'intégralité de ses souvenirs heureux s'en ramenaient à lui. Son présumé sauveur. Et se fut par flash back que leur bonheur passé revint à plusieurs reprises dans son esprit, alors que ses lèvres elles continuaient à rencontrer celles de Mayfield presque machinalement sans qu'elle ne puisse rien arrêter. Ils s'étaient succédés l'un après l'autre, et leur place dans la vie de la jeune femme étant presque similaires, l'infirmière semblait se perdre entre deux hommes qu'elle pensait aimer en cet instant pareillement. C'est sous la proximité du brun se tenant auprès d'elle qu'elle paraissait défaillir, perdre tout sens de la raison et laisser son cœur agir bien avant celle-ci. Et lui lui susurrait d'une voix à peine audible que c'était bien Trystan qu'elle devait suivre le temps d'une soirée, se laisser aller dans les bras d'un homme qu'elle était persuadée de connaître bien plus qu'en apparence. Comme si en quelques minutes ils avaient pu lire respectivement en l'autre. Son histoire. Ses doutes. Ses envies, aussi. Qui elles les avaient menés là par le bout du nez, et le faisaient encore à ce moment précis, devenant de plus en plus entreprenantes et délicieuses. Après avoir passé des semaines sans désirer quoi que ce soit, Juliet désirait aujourd'hui. Bien plus que jamais. Et tout ce qu'elle voulait était savoir cet homme contre elle, garder ses lèvres entre les siennes et rester ainsi blottie contre son torse. Cependant en cette soirée Baxter ne semblait pas se contenter de si peu, et souhaitait plus. Encore plus, toujours plus. Accroître ce bonheur qu'ils partageaient tous deux, bonheur qui lui aussi s'écroulerait lorsque leurs esprits respectifs auraient repris un sens. Mais eux ne répondaient plus, la raison était devenue désir, et lui était depuis toujours infraction. Gestes proscrits, proximité interdite, les deux jeunes gens ne se souciaient que très peu des formalités et des règles instaurées sur la confiance que pouvait leur porter Iad. Elle aussi s'évanouirait lorsqu'il apprendrait la vérité. Et tout se détruirait, à nouveau. Pour Mayfield comme pour elle. Ainsi un instant de répit détruirait une vie entière, et rouvrirait pleinement les brèches qu'étaient celles présentes sur le cœur ; celles qui les avaient poussées dans les bras de l'autre. Cercle vicieux et infini, perpétuel recommencement qu'était la fatalité de leurs vies respectives. Car elle le savait très bien, il ne serait pas que de passage. Pas qu'une aventure d'une nuit, il ne deviendrait pas qu'un fantôme. Il s'agissait de tellement plus que ça au fond. Un attachement réel fondé sur des bases non très glorieuses, une compréhension partagée, et un lien étrange qui semblait s'être tissé entre eux ; spectateurs d'une vie qui leur échappait. Et ils se contentaient jusque là tous deux de la regarder partir, cette vie, laissaient cette flamme ardente qui les avaient tous deux animés jusque là s'éteindre tout doucement, devenant alors de simples braises. Avant de revivre. Ensemble. Main dans la main. Trystan n'était pas que cela, non. Mais tellement plus. Un second sauveur, un nouveau souffle de vie. Une oreille attentive et une épaule sur laquelle se reposer. Et surtout la personne qui l'avait de nouveau fait vivre. Sous ses baisers, contre cette peau qu'elle caressait inlassablement, et dans ces yeux dans lesquels elle avait pu lire tant de choses. Le temps d'un instant, leurs vies s'arrêtaient. Le temps d'un instant, leurs vies recommençaient.
△everleigh
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A. Garrett Nolans

J'ai : 26 ans. Secrets : 911
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Déménagement : 24/10/2012
Âge : 45 ans
État civil : Marié
Emploi : Agent immobilier
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MessageSujet: Re: “Sharing is loving.” # Juliet & Trystan Dim 02 Déc 2012, 7:52 pm

VERROUILLÉ


Garrett & Emma ✖️ love for ever♡
» Lorsqu'on est en face de l'amour de sa vie, on le sait et rien ni personne ne peut contredire cela. Emma, je l'ai épousé parce que c'est l'amour de ma vie ! Je l'aime depuis la première minute et jusqu'à la dernière. •• unbreakable.
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